19 février 2025
Lux, 550 habitants, a relancé son café – restaurant en octobre dernier. L’Etat a d’ailleurs retenu le projet, le seul en Côte-d’Or pour cet appel, dans le cadre de son programme de reconquête du commerce rural en lui a attribuant une subvention. Mais ni le maire ni les entrepreneurs n’ont connaissance ni reçu cette manne financière bienvenue.
8 639 € de subventions pour l’aménagement d’un local à Lux. C’est ce qu’annonçait en juillet 2024 un communiqué de l’Etat relatif à la cinquième vague des lauréats du programme de reconquête du commerce rural. Le ministère des entreprises, du tourisme et de la consommation, et celui des collectivités territoriales et de la ruralité, estimaient alors que plus de 21 000 communes ne disposent d’aucun commerce, soit 62 % contre 25 %, en 1980.
Cette somme visait à soutenir le projet de réouverture du café – restaurant de la commune aux 550 âmes. « Pour une fois, on correspondait aux critères » s’amuse Renaud Lehmann, maire de Lux qui avait vu passer l’appel à projet dans un bulletin d’information. « Souvent on est trop grand ou trop petit ou trop autre chose mais pas là, alors on a tenté. » Le dispositif devait apporterun soutien à l’installation d’un commerce sédentaire multiservices situé dans une commune rurale ou d’un commerce non sédentaire dont la tournée hebdomadaire prévoit un nombre minimal de jours de passage dans des communes rurales.
Un projet sur-mesure
Accompagnée un temps par l’association 1000 cafés, la commune a profité de cette expertise pour construire son projet. « Nous avons engagé 80 000 euros de travaux en 2023 pour remettre le commerce en état » se souvient le maire. A la recherche d’un repreneur, la commune a finalement trouvé un couple de Luxois, Hervé et Sandrine Apert. « C’est un ancien charcutier-traiteur donc il avait la compétence et l’expérience. » Désormais, chaque midi, 32 couverts profitent du menu unique proposé par le couple tandis que d’autres peuvent profiter des pizzas et plats à emporter. « Ils font aussi dépôt de pain car la boulangerie a récemment fermé. On cherche un repreneur. »

Pour l’élu local, ce commerce joue un rôle essentiel sur son territoire. « C’est une question de culture. On est habitués à avoir ce lieu, il participe du lien social et nous apporte une vie autonome pour ne pas être une annexe de la ville voisine. C’est une plus-value et ça participe de l’attractivité du village » estime Renaud Lehmann.
Une subvention attendue
Si le projet a pu voir le jour sans le chèque de l’Etat, le maire met l’accent sur l’importance de ce soutien potentiel. « La première année, c’est important d’avoir une aide financière le temps de créer sa clientèle, trouver ses fournisseurs, avancer l’argent… C’est plus dur, il faut lancer la mécanique. » Du côté du couple Apert, aucun souvenir d’avoir reçu ne serait ce qu’une annonce de cette aide tandis que le maire assure n’avoir rien vu sur les comptes de la municipalité. « C’était peut-être encore juste un effet d’annonce » regrette l’édile.
NDLR : Selon les informations fournies par les services de l'Etat, une convention est en cours de signature auprès des acteurs du projet.
Nadège Hubert