La région au régime budgétaire

20 février 2025

Alors qu’elle doit, comme d’autres collectivités, réaliser des économies, la Région présente des orientations budgétaires à la baisse, passant au rabot de nombreuses politiques publiques et cherchant de nouvelles recettes.

Bien que le gouvernement Bayrou ait « desserré la contrainte sur les collectivités » par rapport aux orientations du gouvernement Barnier, la Région doit encore réaliser 30 millions d’euros d’économies contre 60 millions initialement. « Nous sommes obligés de faire des efforts devant un manque à gagner de 30 millions d’euros. »

Pour y parvenir, Marie-Guite Dufay, présidente du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, entend réduire les dépenses de fonctionnement et d’investissement, jouer sur les recettes et dégrader son endettement. « On fait partie des régions qui ont le meilleur ratio financier avec un endettement sur cinq ans qui devrait passer à sept puis neuf ans d’ici 2029. »

Réduire les dépenses mais pas toutes

« On touche à toutes nos politiques, il n’y a pas un secteur en particulier que l’on remettrait en cause, sauf la culture, le sport, l’environnement et sans toucher non plus nos stratégies fondamentales comme l’investissement pour les entreprises sur la décarbonation ou le fonds innovation. » La présidente prévoit de rogner ici ou là en appliquant trois principes : ne pas toucher aux compétences obligatoires, regarder l’effet incitatif des financements et regarder l’exécution des subventions attribuées.

Parmi les « exemples malheureux », Marie-Guite Dufay évoque la diminution des financements accordés aux employeurs de l’aide à domicile associatifs ou encore aux entreprises d’insertion. Les programmes pédagogiques dans les lycées sont également remis en cause tout comme les aides attribuées à la formation professionnelle des actifs. Du côté des investissements, sans les suspendre, les travaux des lycées seront étalés dans le temps.

Envisager de nouvelles recettes

Pour contrebalancer les dépenses revues à la baisse, la Région cherche de nouvelles recettes. Elle appliquera donc une augmentation de la fiscalité sur les cartes grises à partir du 1er juillet 2025, le cheval fiscal passant de 55 à 60 euros avec un bénéfice attendu de 2.5 millions d’euros en 2025 puis de 5 millions en 2026.

Mais la collectivité s’intéresse particulièrement au versement mobilité que la loi de finance étend aux régions. Il s’agit de 0,15 % de la masse salariale d’une entreprise qui pourrait tomber dans les caisses et représenter 35 millions d’euros de mannes financières. « Nous pourrions affecter une part de ce versement aux EPCI qui ont pris la compétence mobilité » précise Marie-Guite Dufay. A l’échelle de la métropole dijonnaise, des discussions sont déjà en cours avec le MEDEF pour une augmentation du versement mobilité.

La présidente de région insiste quant à elle sur le fait qu’aucune décision ne soit prise pour l’heure. « J’entends les entreprises qui se disent déjà surtaxée. J’entends qu’elles disent pouvoir faire autrement et j’attends de voir. De l’autre côté, les deux sujets qui plombent le rural, c’est la mobilité et la santé. » Mais Marie-Guite Dufay cherche à financer notamment du matériel ferroviaire, une plateforme mobilité pour le rural. « Pour l’instant, je vois le mur des investissements, je cherche comment améliorer les trajets domicile-travail, comment mettre des trains, comment trouver des solutions routières là où il n’y en pas… » En parallèle, Marie-Guite Dufay lance un comité des partenaires destinés à accueillir les entreprises pour les associer aux décisions liées à la mobilité. Dans un contexte où les collectivités se serrent la ceinture, l’ensemble du territoire et de ses habitants devraient être impactés d’une façon ou d’une autre.

Nadège Hubert

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