07 octobre 2025
Indissociables de la Côte-d’Or mais aussi de la Bourgogne, les viticulteurs ont achevé les vendanges 2025 sur une note d’optimisme. Malgré les aléas climatiques, la récolte continue à être bonne d’année en année, ou presque, à en croire François Labet, président du Comité Bourgogne (BIVB).
Que dire des vendanges 2025 ?
« On ne peut pas nier le chaos climatique qui ne se limite pas à induire des vendanges plus précoces mais qui inclut les pluies ou la sécheresse. Toutefois en 2025, nous avons été peu impactés par le gel et la grêle. Nous avons eu une saison culturale régulière mais il y a eu des précipitations erratiques selon les communes avec des volumes variables. Nous avons eu une floraison précoce, un mois de juillet sec mais une quinzaine caniculaire au mois d’août qui a réduit le poids des grains de raisin. Finalement, nous avons une récolte plutôt belle, assez proche de la perfection avec des vins équilibrés, typiques de leur cépage que sont le chardonnay et le pinot noir. Sans la canicule, nous aurions eu une récolte normale ou mieux encore, avec des raisins plus gorgés de jus, alors que là nous sommes un peu déficitaires par rapport aux attentes. »
Avec le changement climatique, quelle est la tendance ces dernières années ?
« Depuis le passage au troisième millénaire, nous n’avons eu que de belles et très belles années avec un bémol en 2024 à cause d’un excès de précipitations qui a provoqué le mildiou et une importante perte de récolte. Désormais, nous n’avons plus que deux saisons : un été de Pâques à la mi-octobre et un long automne le reste du temps. On constate que le poids des grains a baissé de 15 à 20 % mais la hausse des températures et la luminosité plus forte nous permet de récolter des raisins mûrs. »
Et du côté des marchés, comment se situent les vins de Bourgogne ?
« Ce qui fait vendre, c’est la qualité des produits et nous sommes attachés à ce qu’il y a dans le verre. Nous produisons indéniablement des vins savoureux, équilibrés, de plaisir. Le marché français est très légèrement positif, en particulier dans la grande distribution avec le mâconnais ou le chablisien. 50 % de nos marchés concernent l’export. Ce dernier est en progression en volume et en valeur. On constate une explosion des ventes de vins blancs et de crémant en Suède, une hausse de 30 % sur le marché canadien et une très légère baisse au Japon. Nous sommes la seule région viticole française avec une progression en France et à l’export, mais la situation mondiale reste prégnante avec les droits de douane notamment. »
Pour les années à venir, sur quoi la viticulture travaille-t-elle ?
« C’est beau de vendre mais encore faut-il produire, donc depuis quelques années nous nous intéressons à la réduction des produits phytosanitaires tant pour la santé des viticulteurs que pour l’environnement. Nous travaillons aussi sur des cépages résistants aux maladies ; des greffes résistantes ; avec d’autres territoires viticoles, nous voulons créer une serre blanche, sous la forme d’une salle blanche, située en Champagne, pour expérimenter des plans de vignes exempts de contamination. »
Propos recueillis par Nadège Hubert
©Rozenn Krebel / Côte-d'Or Attractivité