30 avril 2026
France Travail a présenté les besoins en main-d'œuvre attendus dans le département pour l’année 2026. Derrière les secteurs qui recrutent et un taux de chômage en baisse, se cachent des métiers en tension.
19 960 postes devraient être ouverts au recrutement en 2026 en Côte-d’Or selon les estimations de France Travail qui a réalisé une enquête auprès des différentes entreprises de la région et du département. « 23,5 % des entreprises côte-d’oriennes prévoient de recruter au cours de l’année contre 22,5 % en 2025 », a introduit Djellali Chaou, directeur départemental de France Travail. Malgré une conjoncture incertaine, les acteurs économiques continuent à rechercher de la main-d'œuvre, partout sur le territoire, puisque si le large territoire de Dijon porte à lui seul près de 66 % des projets de recrutements, le Beaunois, avec 5 200 postes prévus, réunit 26 % des recrutements, tandis que le Montbardois, avec 8 % des recrutements envisagés, devrait avoir 1 610 emplois à pourvoir.
Selon les territoires, les besoins en main d’œuvre ne concernent pas exactement les mêmes secteurs. À l’échelle départementale, les services devraient ouvrir 60 % des recrutements envisagés, soit 12 029 emplois, suivis par l’industrie agro-alimentaire et la filière agricole avec 3 599 recrutements. « La filière de la viticulture représente à elle seule 3 130 recrutements, à 90 % saisonnier. Les professionnels estiment qu’ils rencontreront quelques difficultés à trouver la main d’œuvre souhaitée. » En Côte-d’Or, les métiers d’agents d’entretien de locaux, les professions liées à l’hôtellerie et restauration ainsi que les aides-soignants vont être particulièrement sollicités. « À Beaune, les métiers de l’agriculture, intégrant la viticulture, concentrent la plus forte part des projets devant les fonctions liées à la vente, au tourisme et aux services », précise Djellali Chaou. Du côté de Montbard, où près d’un recrutement sur deux est jugé difficile, les entreprises du secteur des services sont les plus recruteuses avec 50 % des embauches annoncées dans le bassin.

Se réjouir sans se voiler la face
En Côte-d’Or, le taux de chômage de 6,3 % se veut plus bas qu’au plan national mais des disparités apparaissent dans le département entre Dijon où il monte à 6,7 % et Beaune où il descend à 4,4 %. Le Chatillonnais et le Montbardois avoisinent les 5,8 %. Des chiffres rassurants qui ne doivent pas dissimuler d’autres besoins et réalités. « On constate une demande sur les diplômés avec un bac + 3, c’est un signal positif tout comme la balance positive entre les sorties et les entrées de liste de demandeurs d’emploi. Pourtant, il ne faut pas oublier que 46 % des chômeurs le sont en longue durée. » Djellali Chaou pointe également la diminution forte de l’activité intérim, moins 8 %, qui adresse un signal négatif aux acteurs de l’emploi. « Il peut anticiper un retournement du marché du travail. » Le responsable départemental souligne également la volumétrie d’offres qui tend à diminuer ou encore la défaillance élevée d’entreprises, 590 en 2025 dans le département.
Même s’ils ne figurent pas en tête des secteurs qui recruteront largement en 2026, France Travail rappelle les tensions que subissent certaines filières comme le bâtiment et les travaux publics, la santé ou l’industrie.

Agir pour l’emploi
En réponse, l’institution met en avant ses différents outils. La plateforme France Travail Pro et ses conseillers experts avec une ligne dédiée aux entreprises disponibles 24 h/24 visent à répondre au mieux aux besoins en recrutement. Zohra Dehbi, directrice de l’agence France Travail Dijon Sud insiste par ailleurs sur la prospection. « Nous avons renforcé cet axe. Nous travaillons avec les fédérations employeurs pour soutenir les secteurs en tension. » Elle a également présenté des initiatives innovantes comme les stades de l’emploi « où des entreprises ont rencontré des candidats qui n’auraient pas eu leur chance via un CV. »
France Travail entend faire découvrir les métiers pour attirer de nouveaux profils et convaincre les entreprises, former rapidement aux besoins réels des entreprises, simplifier les recrutements et enfin sécuriser les parcours.
Nadège Hubert