23 juin 2026
Parce qu’un territoire en bonne santé est un territoire dynamique, le Crédit Agricole reste à l’affût des solutions favorables au mieux-vivre. Face aux déserts médicaux qui ponctuent la Bourgogne et notamment la Côte-d’Or, la banque dépasse son rôle financier en soutenant notamment la télémédecine assistée imaginée par Omedys. La solution s’implante en Côte-d’Or.
Quand le médecin le plus proche se trouve à 50 kilomètres, qu'il est complexe de se déplacer à sa guise, faute de voiture, de moyens ou de capacité à le faire, la réalité de vivre dans un désert médical frappe alors de plein fouet en appuyant là où ça fait mal, la santé. « En 2024, nous avons mené une enquête auprès de nos 83 caisses locales de Champagne-Bourgogne pour identifier les problématiques de territoire. La question de la santé est arrivée largement en tête, donc nous avons créé une filière et une boîte à outils de solutions adaptées pour participer à notre échelle à la résolution du problème », rappelle Laurent Haro, directeur général adjoint du Crédit Agricole Champagne-Bourgogne. Le cadre bancaire met également en exergue une autre donnée essentielle pour les territoires : « Les besoins concernant les personnes âgées dépendantes devraient augmenter de 30 % d’ici 2030. »
Pour accompagner cette population vieillissante qui consulte régulièrement, mais aussi des jeunes ou même une population active isolée, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne apporte son soutien à Omedys, un dispositif d’accès au soin pour les patients sans médecin traitant qui habitent un désert médical. « L’idée consiste à mobiliser les médecins des villes, plus disponibles, pour qu’ils proposent du temps au monde rural sans que ni eux ni les patients ne se déplacent grâce à la téléconsultation assistée », résume Jérémie Goudour, ancien chef du pôle Urgences au centre hospitalier de Troyes et cofondateur d'Omedys. Entouré de son infirmier, le plus souvent, ou d’un pharmacien, parfois, le patient échange en visio avec un médecin tandis que le professionnel de santé à ses côtés assure les gestes indispensables au diagnostic comme la prise de tension, le pouls, la saturation… « Le médecin peut aussi réaliser une partie de l’examen à distance avec, par exemple, le stéthoscope connecté. Le professionnel de santé présent avec le patient apporte des explications complémentaires, reformule s’il le juge nécessaire et permet d’assurer le suivi du patient qui n’est pas laissé seul face à la technologie ou à sa maladie. »
Du concret dans le désert
Lancée en 2018 dans l’Aube et profitant déjà aux habitants du Châtillonnais frontalier, Omedys remplit la mission qu’elle s’était fixée. Omedys a ainsi déjà mis en place 13 cabinets en France tandis que le 14e a officiellement été initié en Côte-d’Or. Une douzaine de médecins de ville se sont ainsi réunis dans un cabinet à Chenôve pour répondre aux habitants du département, qu’ils soient dans le Pays auxois ou dans le nord de la Côte-d’Or, mais aussi à ceux qui vivent à proximité comme dans l’Ouest de l’Yonne. « Omedys a déjà permis 21 000 téléconsultations dans notre région Champagne-Bourgogne », se réjouit Laurent Haro.
Investisseur dans la solution tandis que les cabinets médicaux restent la propriété des médecins, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne et Omedys partagent des valeurs mutualistes et une ambition commune d’aider les territoires. « L’appui du Crédit Agricole nous a également aidés à trouver une certaine stabilité financière au début et à nous diriger peu à peu vers un équilibre économique », souligne Jérémie Goudour.
Sortir de son rôle
De son côté, la banque entend encore dépasser son rôle de partenaire financier des territoires avec d’autres solutions dans sa boîte à outils. « Nous installons des maisons de santé ou des résidents séniors Cette Famille comme nous l’avons fait à Longeault-Pluvault. » Laurent Haro évoque également le service Médicalib proposé à ses entreprises clientes. Pour encourager la prévention en santé, le Crédit Agricole Champagne-Bourgogne facilite la venue d’un professionnel de santé dans les locaux de la société pour qu’il reçoive les salariés et mène un examen de santé orienté Il peut ainsi, par exemple, constater une problématique dermatologique, alerter le collaborateur et accélérer sa prise en charge par un dermatologue. « Nous sommes présents là où on ne nous attend pas ! » conclut Laurent Haro.
Nadège Hubert