Entreprise : nom féminin singulier

26 décembre 2019

Prenez une étude commandée par le groupe Caisse d’Epargne sur l’entreprenariat au féminin en France par rapport aux autres pays européens. Incarnez-la grâce aux témoignage de trois femmes venues exprimer en toute franchise ce que signifie être cheffe d’entreprise. Résultat ? Une soirée haute en couleurs et en intérêt et pleine d’enseignement !

Elles sont trois, comme les drôles de dames, les Mousquetaires ou les Grâces. Trois femmes cheffes d’entreprise dont la détermination, la sincérité et l’énergie ont réchauffé l’ancienne chapelle du couvent des Cordeliers désormais converti en résidence hôtelière et, surtout, ont permis d’incarner très justement les résultats de l’étude sur l’entreprenariat au féminin que souhaitait présenter le groupe Caisse d’Epargne (voir par ailleurs). Trois femmes aux parcours singuliers mais dont les témoignages ont éclairé les difficultés liées à l’entreprenariat au féminin – rendons à ce sujet hommage au journaliste Patrice Bouillot animateur de la soirée qui n’a éludé aucune question, y compris celles, a-t-il d’ailleurs souligné, que l’on ne pose qu’aux entrepreneuses, comme la place des enfants.

 

« Les enfants, c’est de la logistique »

Et la meilleure réponse vient probablement de Delphine Coutagne : ancienne infirmière et cavalière depuis toujours, sa passion du cheval l’amènera par exemple à travailler auprès des écuries pour la famille de l’émir du Qatar. Revenue en France, elle va imaginer et fonder Equipeer. Bâsée à Mâcon, cette start-up est aujourd’hui un portail de vente de chevaux de sport choisis par des sélectionneurs chevronnés. Des enfants, Delphine Coutagne en a quatre, ce qui ne l’a pas empêchée de mûrir un projet innovant et ambitieux dans un monde ultra-compétitif. « Les enfants, rappelle-t-elle, c’est de la logistique. » Comprendre qu’être mère ne doit pas être un obstacle à l’entreprenariat. (Ni, ajouterons-nous, un alibi). « Au contraire, ajoute-elle, c’est de la flexibilité pour la vie privée et une facilité pour la vie familiale d’être son propre patron. »

Le vin a-t-il un sexe ?

Oui, répondra probablement Nadine Ferrand, du domaine éponyme situé à Charnay-lès-Mâcon. Formée à la comptabilité et à la gestion, elle est tombée amoureuse du monde du vin en même temps que de son mari. Le décès de ce dernier l’a obligée à se poser la question de la reprise du domaine dont les parcelles ont vite suscité l’intérêt des voisins. Nadine Ferrand n’insistera pas davantage, mais il est facile de comprendre entre les mots que son échec était déjà programmé : une femme, née en dehors d’un chai de surcroît ! Aujourd’hui, le domaine dirigée par une femme aidée de sa fille revendique 90 000 bouteilles et a inauguré l’année dernière un nouveau caveau. De quoi méditer pour ceux si prompts à coller des étiquettes !

« Grossir ou s’adosser »

Reprendre une boîte ? Pas vraiment dans les plans de Pascale Cartier qui après une belle carrière dans le groupe l’Oréal, à ADP puis au groupe Monoprix est, comme elle le dit crûment « tombée sur un con ». Comprendre un nouveau boss avec lequel elle comprend très vite « que ça ne va pas le faire ». Ses indemnités en poche, elle songe à se poser un peu mais un ami va lui mettre un marché en main : les magasins La Vie Saine sont à reprendre et c’est sûr, c’est pour elle. La Parisienne arrive à Dijon, découvre une nouvelle culture d’entreprise ultra familiale et un secteur très disputé : les GMS se sont tous mis au bio, d’autres enseignes sont gourmandes du marché local et elle le sait pour pouvoir continuer La Vie saine devra grossir ou s’adosser. Directe, Pascale Cartier ne fait l’impasse sur aucune des difficultés de l’entreprenariat au féminin, versant autodestruction : travailler jusqu’à épuisement, prouver sans arrêt que l’on mérite sa place… l’expérience lui a permis de découvrir deux clefs qu’elle livre bien volontiers car dit-elle, elles lui ont littéralement sauvé la vie : ne pas hésiter à demander de l’aide à des collaborateurs – « ne vous trompez pas, c’est une preuve de puissance ! » - et ne jamais oublier que le premier actif d’une entreprise est la santé de son dirigeant. Bien noté !

Caisse d’Epargne sur l’entreprenariat au féminin en France

Isabelle BROUTÉ, Membre du Directoire en charge du Pôle Banque du Développement Régional

Entreprendre au féminin : que nous dit l’étude ?

L’enquête menée par la Caisse d’Epargne s’est concentrée sur cinq pays : France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Suède, auprès de 2500 dirigeant.e.s.

Au rayon des bonnes nouvelles : 81% des Françaises entreprennent par choix quand un tiers des Italiennes le font par contrainte.

Avec un bémol : elles le font majoritairement pour se défaire d’un carcan professionnel.

Les Françaises sont plus souvent repreneuses que créatrices, et voient moins grands, surtout dans leurs demandes d’investissements, que leurs créateurs ou repreneurs d’entreprises masculins. Enfin, on notera qu’un projet a plus de chances de réussir s’il est accompagné : on ne saurait donc trop conseiller aux porteuses de projets de s’entourer. La région BFC propose un panel d’acteurs pour l’information (BPI France, CCI…), le montage (BGE, reseauentreprendre, Action’elles), le financement de l’entreprise et le lancement. A noter que la Caisse d’épargne a un secteur dédié (parcours confiance, www.parcours-confiance.fr) et compte dans son directoire régional (ce que n’a pas manqué de souligner son Président Jean-Pierre Deramecourt) une femme, Isabelle Brouté. De bon augure si l’on est une femme porteuse d’un projet de création ou de reprise d’entreprise !

 

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