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Mieux comprendre les réalités locale, imaginer un avenir harmonieux pour Saulieu, c’est le début d’une aventure inédite autant que novatrice pilotée dans le cadre de Petites Villes de Demain par la communes d’Arnay-le-Duc et Saulieu. L’idée fédératrice ? Lâcher dans les rues 70 étudiants, issus de l’École supérieure d’architecture des jardins et des paysages (ESAJ – Paris), de l’École nationale supérieure d’architecture de Nancy (ENSAN) et de l’université Bourgogne-Europe (UFR Staps de Dijon) pour voir, entendre l’espace d’aujourd’hui afin de penser et partager l’espace de demain !
Si les deux communes ont en commun un patrimoine architectural d’une grande richesse, un hyper centre condensé en ruelles étroites et éléments classés, elles partagent un cauchemar du quotidien, l’ancienne nationale 6 et ses milliers de camions qui séparent chaque commune en deux en matérialisant, sans l'avoir fait exprès, deux villes hautes et deux villes basses... L'héritage de ce que fut le bonheur des premiers congés payés, la D906 est devenue l'autoroute des camions, des transports exceptionnels et autre convois, altérant la qualité de vie des habitants sans apporter de plus value à la vie commerçante... Si à Arnay on cherche à tordre le coup à ces nuisances sonores, à Saulieu on réfléchit en partage d’espaces, en quête des fragilités et des forces de la capitale du sapin de Noel pour en tirer le meilleur au bénéfice de tous.
Saulieu, puisque c’est elle qui nous intéresse aujourd’hui, revendique son identité morvandelle, son appartenance viscérale à un territoire forestier, parfois rude, à une histoire vive marquée depuis l’antiquité…et pas seulement depuis le moyen-âge…où elle était déjà un carrefour de voies.
Saulieu revendique la singularité de ses trames, bleues, vertes et noires, celle des prairies et de la forêt, de l’eau et du ciel, qui est étoilé dans le Morvan comme nulle part ailleurs. Saulieu se sont aussi des lisières, qu’elles soient périphériques ou intégrées au tissu par l’expansion de l’urbanisation, ces franges urbaines ont plusieurs rôles…Transitions entre quartiers, lieux de respiration, espaces de liaisons ou tampons avec les espaces agricole et naturel. Elles structurent l’espace urbain dans ses limites et dans ses plans successifs, créent des équilibres plein/vide, minéral/végétal dans des rapports d’échelle qui absorbent le bâti dans les paysages proche et lointain.
Un juste équilibre des forces naturelles et urbaines sur lequel les étudiants d’horizons divers ont planché, écrit, dessiné et partagé avec les habitants au travers d’une soirée de concertation, de partage d’envies, de constats… Bref,recueillir les perceptions des habitants autour de plusieurs thématiques telles que l’eau, les mobilités, le patrimoine, le commerce et le vieillissement de la population. Si ce projet a pour but d’améliorer la visibilité, l’accessibilité et l’attractivité de Saulieu tout en mettant en valeur son patrimoine naturel, culturel et sportif, c’était aussi l’occasion de papoter en table ronde, autour des enjeux locaux, avec l’équipe du Parc naturel régional du Morvan et du CAUE de Côte d’Or.
En quelques jours, les 40 étudiants, hébergés au lycée professionnel Saint Dominique, ont pu organiser un ciné-débat à L’Étoile de Saulieu, mettant en lumière le film « Penser l’incertitude », suivi d’échanges avec des spécialistes tels que Clément Jolivet, architecte spécialiste des maisons passives, et Angèle Launay, auteur de la thèse « Les architectes face aux enjeux de la transition énergétique des territoires ruraux ». Focus sur l’attractivité touristique, échanges avec la communauté de communes, ateliers impliquant commerçants et artisans locaux, nos jeunes (de moins de 25 ans) répartis en 5 équipes pluridisciplinaires ont tracé la route, peu dormi et produit un travail remarquable pour présenter un cœur de bourg revitalisé, des circulations repensées, des espaces valorisés à Martine Mazilly, maire de Saulieu, au CAUE, aux directeurs de formation et au Département, délégataires des fonds de la Banque des Territoires, qui a financé ce projet un peu dingue, répondant à un appel à manifestation d’intérêt, et qui verra son ultime présentation en janvier 2026 !
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Projetés à l’horizon 2030, 2050, voire 2100, les projets présentés, à la fois simples, audacieux et (pour la plupart soutenables) ont émoustillé l’imagination des professionnels de l’architecture, de la culture et bien sûr de Martine Mazilly qui a salué ce travail bien mené, même si quelques réserves sont à retenir dans une ville où le moindre périmètre est classé…dents creuses, requalification des quartiers périphériques plein de charme, circulation et valorisation de la rue de la gare et la gare elle-même, redéfinition des cellules vides, mise en avant des paysages et du phare sédélocien qu’est la clocher de la basilique saint Andoche (qui se voit de partout) redécouverte de l’église saint Saturnin et du cimetière qui l’entoure avec son incroyable point de vue sur la ville, adéquation avec la labellisation Réserve international ciel étoilé du parc du Morvan… Autant de présentations qui ont suscité l’enthousiasme des responsables de la DRAC, du CAUE et de la municipalité, conquis par l’engagement et la créativité des étudiants et surtout par leur enthousiasme et leur originalité préservant environnement précieux, patrimoines et habitants … Une nouvelle vision réaliste ou réalisbale ? Rendez-vous dans trois mois !
©Marie Quiquemelle