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Rien ne se perd, tout se transforme !
Sur une idée de son épouse, Pierre-Olivier Bertheau a créé sa propre recyclade. Il incorpore les chutes de verre dans de la résine pour créer des bouchons de bouteille, des petites décorations, des photophores, des marques pages etc. De quoi se faire plaisir à petits prix !
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Au cœur d’Aiserey, Pierre-Olivier Bertheau pratique un métier tout droit venu du XIIIáµ? siècle : celui de maître-verrier vitrailliste. Entre restauration de monuments religieux et projets décoratifs pour des particuliers, il fait vivre ce savoir-faire ancestral sur l’ensemble du territoire régional, et même au-delà.
Maître-verrier vitrailliste depuis près de 40 ans, Pierre-Olivier Bertheau a appris son métier aux côtés des meilleurs. Son aventure professionnelle débute en 1982 par un heureux hasard : lors d’un retour de vacances, il s’arrête avec sa famille dans l’atelier du maître-verrier Claude Bertrand, à Verdun-sur-le-Doubs. À ce moment, Pierre-Olivier Bertheau cherche un métier auquel se former. Il n’aime pas l’école, et son asthme lui interdit d’embrasser la carrière de tailleur de pierre qu’il imaginait. Quand Claude Bertrand accepte de le prendre en essai puis en apprentissage, le jeune homme alors âgé de 16 ans s’investit de tout son coeur pour réussir. « J’ai attaqué par le plus dur de ce qu’on peut faire dans le vitrail : la dépose dans une église avec des échelles et des échafaudages à monter… mais j’ai tenu le coup », se souvient-il. Pendant cinq ans, il apprend les rudiments du métier. Il travaille sur des créations décoratives pour des particuliers et apprend à bien couper de gros volumes de verre. « On travaillait énormément avec le cuisiniste Chabert Duval, on sortait 3500 vitraux de cuisine par mois. » Si bien qu’en 1986, il obtient le premier prix de la formation aux métiers d’art au concours du meilleur apprenti de France, pour son Paon Miroir.

Des chantiers d’envergure
C’est aux côtés de Pierre-Alain Parot dans son atelier installé à Dijon puis à Aiserey que Pierre-Olivier Bertheau passera le plus gros de sa carrière, et devient cadre chef d’atelier. Pendant 33 ans, il développe et perfectionne son savoir-faire sur l’ensemble des étapes de réalisation d’un vitrail : le choix du verre et des couleurs, le tracé, la coupe, le montage, jusqu’à l’installation. Il transmet son expertise à 17 apprentis, participe à des chantiers de rénovation de monuments historiques et à des projets créatifs avec des artistes peintres ou plasticiens. Il contribue notamment à la fabrication de 46 vitraux avec Gérard Garouste pour Notre-Dame de Talant, 60 pour l’église des Colimaçons à la Réunion avec Alban Chateauvieux, et collabore avec Véronique Ellena sur le « Vitrail aux 1001 visages » pour la cathédrale de Strasbourg. L’atelier Parot sera également sollicité pour restaurer six baies et une demi-rosace de la cathédrale Notre-Dame de Paris, après son incendie en 2019.
S’inscrire sur son territoire
En 2023, à la mort de Pierre-Alain Parot, Pierre-Olivier Bertheau est licencié. À 56 ans, il doit donner un nouveau souffle à sa vie professionnelle. « J’ai reçu des propositions en Bretagne, en région parisienne, à Lyon… Mais je n’avais pas envie de partir d’ici ». La retraite n’étant pas encore envisageable, il décide de créer sa propre entreprise individuelle en mai 2024. Aujourd’hui c’est dans un bungalow de 20 m2, fabriqué sur mesure et installé dans son jardin, qu’il continue d’exercer. Il souligne aussi le soutien de la municipalité d’Aiserey : « Elle m’a aidée lors de mon installation, m’a permis de participer à une exposition à la médiathèque et d’intervenir dans les écoles pour présenter mon métier. » Cette dernière expérience l’a particulièrement marqué : « Un gamin m’a fait un dessin de vitrail que j’ai affiché dans mon atelier. Depuis, dès qu’il me croise dans la rue, il me salue. Un lien s’est créé, c’est extraordinaire. »

Ses commandes sont désormais plus locales et plus modestes, car il gère tout tout seul : de la dépose de vitrail jusqu’à sa réinstallation, dans les cas de restauration. Il s’est récemment occupé de l’église de Corberon, et prépare un autre chantier à Beire-le-Châtel.
Il répond également avec plaisir aux commandes de particuliers : « Les gens viennent avec des idées : souvent ce sont les petits-enfants qui dessinent un projet pour leurs grands-parents. Il y a alors une passation, un héritage… Le vitrail aura plusieurs vies. »
Son travail continue d’être reconnu : il décroche en 2025 le Trophée de l’Artisanat, dans la catégorie services et production, espoir de l’année.
