Maire de Source-Seine depuis mars dernier, Adeline Bérille vit son premier mandat dans cette commune de 62 habitants. Assureure à Vénarey-les-Laumes, elle habite le village depuis 2023 mais affiche un attachement fort à ce territoire.
L’Echo des communes : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir maire de Source-Seine ?
Adeline Bérille : « Mes grands-parents étaient originaires de Source-Seine, j’y ai passé mon enfance et mes vacances. Je suis très attachée au village. Par contre, quand l’ancienne maire n’a pas souhaité se représenter, je voulais juste être une simple conseillère municipale car je n’ai jamais occupé de mandat électoral. J’ai finalement donné de la dynamique sur des réunions alors on m’a encouragée à me porter candidate au poste de maire. J’ai réfléchi avant d’accepter à condition d’être épaulée par les adjoints et le conseil municipal. Nous avons donc mis en place des commissions dans lesquelles les élus s’impliquent : travaux et voiries ; fêtes et cérémonies ; forêt et bois ; eau. Aujourd’hui nous sommes sept et parmi nous, trois anciens conseillers apportent leur expérience. Nous nous appuyons aussi sur les profils variés, en termes de parité bien sûr mais aussi de professions et d’âge. »
EdC : Comment s’annonce ce premier mandat ?
A.B. : « Plus on peut anticiper, mieux c’est mais je ne suis pas seule, je compte sur l’équipe. J’assiste à un maximum de réunions pour apprendre et comprendre les mécanismes. J’ai envie de faire les choses correctement et pour l’instant je suis sereine. Cette fonction prend du temps, que l’on gère une petite ou une grande commune. Il faut être disponible mais j’arrive à m’organiser grâce à la flexibilité que je peux donner à mon agenda. Par ailleurs, nous avons une secrétaire de mairie quatre heures par semaine. Heureusement qu’elle est là, avec son expérience et ses connaissances. Elle me fait gagner du temps et m’épaule. »
EdC : Quels sont vos projets pour Source-Seine ?
A.B. : « Nous aimerions aménager les Sources de la Seine pour les personnes à mobilité réduite mais aussi avec un parking, même si elles appartiennent à la commune de Paris. Nous voudrions aussi travailler sur la réfection de l’église. »
EdC : Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?
A.B. : « La lourdeur administrative. Il faut faire une tonne de formulaires pour ne pas faire grand-chose. On se confronte à un système archaïque et incohérent. On nous a par exemple imposé un conseil municipal à la date du 5 juin dans le cadre des sénatoriales. J’ai besoin de faire des choses avec du sens. »
EdC : Et le plus enthousiasmant ?
A.B. : « On rencontre beaucoup de monde et on mène des missions d’une grande diversité pour faire avancer les projets de notre petite commune. Il s’agit de penser au collectif en prenant en compte chacun. Pour l’instant, je n’ai pas été confrontée à des conflits, juste des petits désaccords mais sans violence. Depuis trois mois, je n’ai aucun regret. J’encourage celles et ceux qui ont des appréhensions à se lancer. On apprend beaucoup sur notre territoire, que les décisions ne sont pas si simples à prendre ou à mettre en place, on appréhende autrement l’inertie en voyant l’envers du décor. »
Propos recueillis par Nadège Hubert