Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir

Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir

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Pouilly-en-Auxois

Blason

D'après Jean-François Bligny, le blason a été défini en 1957 comme parti d'or à deux chevrons ondés de l'un en l'autre, à la bordure de gueules :
- eaux s'écoulant de chaque côté
- azur, or et gueule, les couleurs des deux familles ducales propriétaires de l'ancien château

Office de tourisme

Office de tourisme des Sources de l'Ouche à l'Auxois
Port de plaisance
1 rue de la Coopérative
21320 Pouilly-en-Auxois
03.80.90.77.36
pouilly@tourismepouillybligny.fr
www.tourismepouillybligny.fr


26 septembre 2019

Aux portes de l'Auxois, sur le point de passage du Seuil de Bourgogne, Pouilly a connu bien des mutations reflétant les évolutions de la société rurale, de place forte à carrefour autoroutier. Son maire, Bernard Milloir, présente le bourg.

La rue principale de Pouilly-en-Auxois est en plein chamboulement. Réalisée d'avril 2019 à janvier 2020, la requalification du centre induit quelques perturbations dans ce village tranquille de l'Auxois, entre Morvan et plaine dijonnaise. De la place des Alliés à la place de la Libération, sur 9.000 m², un revêtement identique unifiera la voirie et laissera plus de place aux piétons ainsi qu'aux cyclistes. Cela devrait amener la caractérisation d'un « vrai centre-bourg » avec « un espace convivial » selon Bernard Milloir, maire de Pouilly-en-Auxois.

C'est une nouvelle mutation parmi celles que Pouilly a déjà connues par le passé. La dernière remonte peut-être à la construction de l'A6 en 1970 avec ces dizaines d'ouvriers installés sur le territoire de la commune. La réalisation d'un accès autoroutier allait changer la face du village. Plus avant encore, les mutations furent la construction du canal de Bourgogne ou le « déménagement » de la « motte de Pouilly » au bas de la colline.

Place forte des ducs de Bourgogne

Selon Jean-François Bligny (président de Société des Sciences Historiques et Naturelles de Semur-en-Auxois et membre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon), le nom du village vient de Polliacus. Une étymologie latine voudrait une interprétation comme « domaine de Paul » tandis qu'un dérivé du celtique pol pourrait signifier « marais ».

Selon les « Notes historiques » de l'abbé de Clock parues en 1923,  les documents les plus anciens font remonter les premières mentions du bourg antérieurement à 922, date de la mort de Richard le Justicier (comte d'Autun et premier duc de Bourgogne) qui séjournait régulièrement à Pouilly, alors lieu de plaisance mais aussi place forte. Un château fut construit sur la butte Saint-Pierre en 1260. Il n'en reste rien de visible aujourd'hui. Peut-être quelques vestiges sont-ils à découvrir au milieu des broussailles ?

 

Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir

Édifiée en l'an mil, une chapelle dédiée à la Vierge fut un lieu de pèlerinage. Détruite et reconstruite, elle subsiste toujours dans un état fragile – Bernard Milloir estime à deux millions d'euros l'investissement nécessaire pour la rénover – sous l'appellation de Notre-Dame Trouvée. Elle est réputé avoir abrité une statue miraculeuse apportée par les premiers apôtres de la Bourgogne au IIème siècle. Perdue puis retrouvée, la statue intégra la chapelle construite en 1060. Elle fut volée en 1980.

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Un autre duc de Bourgogne, Jean Sans Peur, fit fortifier la colline en 1412, avant de l'affranchir en 1419. La place passa dans les possessions de différentes familles au gré des années. Pouilly dépendit du diocèse d'Autun jusqu'en 1731 et, ensuite, de celui de Dijon. Avant la Révolution, le bourg s'était déjà déplacé au pied de la butte et comptait 500 habitants. De mutation en mutation, les « rues basses » devinrent le bourg et se retrouvent à présent en hauteur par rapport au centre du village situé dans le vallon où passe le canal de Bourgogne. Selon l'abbé de Clock, « ce qui donnait à Pouilly de l'importance, c'est que ce bourg était le point central des routes de communications entre Dijon et Autun, Beaune et Semur ». C'était d'ailleurs un relais de poste et un lieu de marché (blé, chanvre, moutons...).

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En 1830, le conseil municipal de Pouilly décida de la construction d'une nouvelle église Saint-Pierre. Un devis pour une église à trois nefs estima le coût du chantier équivalent à dix fois la dotation annuelle du gouvernement pour l'ensemble du département de la Côte-d'Or. Comme le souligne l'abbé de Clock, les dirigeants et les paroissiens furent un temps découragés. Après une souscription qui rencontra le succès, la construction de la nouvelle église Saint-Pierre débuta néanmoins en novembre 1865. L'escalier principal fut terminé en 1910. L'édifice fait 40 mètres de long, 9 mètres de large et la flèche s'envole à 45 mètres de hauteur.

Selon Jean-François Bligny, « Pouilly était en 1900 le centre commercial d'un canton de plus de 12.000 habitants, ce qui remplissait les auberges les jours de foire ». Signe de ce dynamisme économique, il a dénombré jusqu'à quinze débits de boisson à cette période.

Le toueur du canal

Les réflexions pour relier par canaux la Manche à la Méditerranée prirent plus de deux siècles. Le problème fut résolu en choisissant Pouilly-en-Auxois comme lieu pour franchir la limite de partage des eaux entre le bassin de la Seine et le bassin de la Saône. La solution technique fut de réaliser un tunnel au niveau d'un point haut où le canal serait alimenté en eau par des réservoirs environnant (comme le lac de Panthier). D'où un bief de 5 km dont 3 km souterrains à une altitude de 378 mètres. La réalisation commencée en 1777 fut terminée en 1832, peu avant le déploiement des chemins de fer.

 Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir 

Le tunnel fut construit en 10 ans par des ouvriers et des forçats. Les premiers passages, réalisés à la force des muscles, duraient 10 heures. En 1867, un remorqueur à vapeur fut mis en service, fonctionnant avec une chaîne immergée. Un remorqueur de ce type est appelé toueur. Il fut remplacé en 1893 par la première installation hydroélectrique industrielle de la Bourgogne réduisant le temps de trajet à quarante minutes. Le toueur est aujourd'hui visible sous une halle de l'architecte japonais Shigeru Ban réalisée en 2004 grâce au programme de mécénat des « Nouveaux commanditaires » de la Fondation de France.

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Le dernier toueur s'est arrêté en 1897. Aujourd'hui, en partant depuis le port, le bateau-promenade La Billebaude permet de passer sous le tunnel. La navigation fluviale sur le canal de Bourgogne est maintenant réservée à la plaisance. Parallèlement, une véloroute draine entre 17.000 et 20.000 cyclistes par an selon l'office de tourisme de Pouilly. À l'avenir, elle sera reliée plus évidemment au bourg pour inciter les personnes à faire une incursion jusqu'au centre du village.

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À noter que les touristes peuvent aussi trouver à Pouilly un camping pour les accueillir et des produits régionaux à la Maison de pays. Selon l'association qui gère cet espace de promotion des artisans et des produits locaux, la marge bénéficiaire sert uniquement à « rémunérer les vendeurs et assurer la promotion de cet espace ». Elle a compté environ 36.000 passages en 2018.

Une commune bien aidée

La prochaine mutation de Pouilly concerne donc la requalification du centre-bourg représentant un budget de 2,3 millions d'euros comme l'explique Bernard Milloir. Dans le cadre du contrat « Cap 100% », le conseil départemental de la Côte-d'Or finance à hauteur de 350.000 euros. L'État apporte 325.000 euros. Viennent ensuite les fonds européens (200.000 euros), l'Agence de l'eau (160.000 euros) et la Région (120.000 euros). « On est bien aidé » confirme le maire. Les travaux sont menés par l'agence JDM Paysagistes accompagnée par l'entreprise Verdi Ingénierie pour le terrassement, ce sont deux structures dijonnaises.

Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir

À présent retraité, Bernard Milloir travaillait dans les ressources humaines. Il est conseiller municipal depuis 2008 et maire sans étiquette depuis 2014. Il a succédé à Monique Garnier. Bernard Milloir s'est installé à Pouilly il y a plus de vingt ans en prévision de sa retraite : « il y a un tissu de commerces intéressant, un tissu associatif que l'on nous envie. On a tout pour bien vieillir ». Les associations sont actives notamment pour préparer fin juin la fête patronale, la Saint-Pierre, ou les animations liées au Téléthon, en décembre. Durant l'été, l'office de tourisme organise un marché des producteurs à la Maison de pays.

 

Pouilly-en-Auxois, une nouvelle mutation expliquée par Bernard Milloir

Le village est rattaché à la communauté de communes de Pouilly-en-Auxois-Bligny-sur-Ouche. Il adhère au Pays beaunois. La population du village est stable ces dernières années : environ 1.600 habitants. Des demeures « Belle Époque » qui restaient vacantes au milieu des années 2010 trouvent à présent preneur, signe d'un regain d'intérêt pour le village selon le maire. Pouilly doit évidemment son attractivité au réseau routier. En bout d'A38, le péage vers l'A6 du réseau APRR contribue fiscalement au budget de la commune (par la CVAE et la CFE).

À Pouilly, on trouve une caserne de gendarmerie, un collège, une Poste, une Trésorerie municipale, une maison de santé, un EHPAD, un foyer-logement... Les hôpitaux les plus proches sont à Semur-en-Auxois et à Dijon (soit environ 40 minutes de trajet). La maison de santé accueille dix-sept professions de santé différentes, du généraliste à l'orthophoniste. Cette structure concerne un bassin de vie de 6.000 habitants.

Un des plus gros employeurs est IDS (pour Immuno Diagnostic Systems une société anglaise spécialiste des tests en endocrinologie) avec une cinquantaine de salariés. Suit ensuite l'entreprise de vitrages Riou Glass Vico et de nombreux artisans. « On a tissu économique qui permet de l'emploi local » s'enthousiasme Bernard Milloir même si bon nombre d'habitants vont travailler sur Dijon ou sur Beaune. L'activité économique relève principalement du secteur des services ainsi que de l'artisanat.

Côté développement durable, l'éclairage public a été en partie rénové avec des LED grâce au label Territoire à Énergie Positive pour la Croissante Verte de la communauté de communes (avec un financement ADEME, SICECO et commune). Le le Syndicat intercommunal d'énergie de Côte-d'Or (SICECO) réfléchit au déploiement d'un réseau de chaleur à Pouilly (qui desservirait mairie, école, trésorerie, Poste...). Ainsi, tout en conservant inscrites dans le territoire les marques du passé, Pouilly-en-Auxois continue d'intégrer les mutations de la société.

Jean-Christophe Tardivon

 

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Pendant la saison estivale embarquez sur un duo insolite d'abord en bateau promenade puis en petit train touristique routier pour partir à la découverte du sommet du canal de Bourgogne avec sa Voûte (souterrain illuminé de 3333 m.) et ses écluses.

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La rue principale de Pouilly-en-Auxois est en plein chamboulement

 

Entreprise Rougeot, Un partenaire engagé pour les communes et leur média

Entreprise Rougeot, Un partenaire engagé pour les communes et leur média 
L’histoire de l’entreprise Rougeot s’inscrit au plus près des communes du département. Sur le modèle de leur père, Hubert Rougeot, Christophe et Thierry s’engagent dans leur territoire. Quand leur aîné était élu local, les deux dirigeants choisissent de soutenir des actions de mécénat auprès des clubs sportifs ou d’associations culturelles. Pour l’entreprise Rougeot, c’est une façon concrète de participer au bien-être du territoire. Avec ses différentes activités, l’entreprise intervient du nord au sud de la Côte-d’Or, aux côtés des collectivités de toutes tailles pour les accompagner dans la réalisation de leurs projets. Pour combiner ses différents aspects, l’entreprise Rougeot poursuit son implication en choisissant d’accompagner l’Echo des Communes. Son soutien s’est naturellement tourné vers la rubrique "Au cœur de communes", destinée à valoriser le territoire et ses acteurs publics. 
www.rougeot-tp.com

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Vos commentaires

courty christophe
a publié le 30/09/2019 10:54
Merci pour cette belle présentation. Je n'ai pas trouvé dans le commentaire une partie concernant le centre de formation qui s'est installé, il y a près de 2 ans, dans l'ancien EPAHD malgré qu'il y est une photo. Cet établissement appelé Maison Familiale Rurale accueille plus de 80 jeunes en alternance chaque semaine et emploie près de 10 personnes.

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