Görge le rêveur, Zemlinsky

Görge le rêveur, Zemlinsky

Auditorium

octobre
ven 16 20h
dim 18 15h
mar 20 20h
tarif opéra de 5,50 € à 65 €
créé à l'Opéra de Nuremberg le 11 octobre 1980 (oeuvre posthume)

durée

2h30 environ
spectacle en allemand
surtitré en français
nouvelle production de l’opéra de dijon
avec le mécénat du Crédit Agricole de Champagne-Bourgogne

ateliers enfants
dim 18 15h

Renseignements
billetterie
18 boulevard de Verdun 21000 Dijon
du mardi au samedi de 11h à 18h
tél. : 03 80 48 82 82
www.opera-dijon.fr

 

L’Opéra de Dijon, Théâtre Lyrique d’Intérêt National
Avec sa programmation exigeante et ses choix artistiques innovants, l’Opéra de Dijon s’est hissé parmi les grandes scènes lyriques françaises. Cette exigence d’excellence est désormais reconnue et soutenue par le label Théâtre Lyrique d’Intérêt National qui permet à l’Opéra de Dijon de poursuivre et d’amplifier sa politique de créations et de résidences, d’innovation et de partenariats, d’éducation artistique et culturelle et d’ouverture à tous les publics.

Du 16 octobre au 20 octobre 2020 à Dijon

En coproduction avec l'Opéra national de Lorraine, Traumgörge - Görge le rêveur - sera présenté pour la première fois en France. Cet opéra de Zemlinsky tente de réconcilier deux inconciliables : le rêve et la réalité, la naïveté et la conscience sociale, la nature et la civilisation, la subjectivité et l'objectivité. C'est un véritable plaidoyer pour la force du rêve et de l'imagination, dont nous avons grand besoin au moment où notre civilisation traverse une crise sanitaire mondiale et où les contraintes de la réalité pourraient nous faire renoncer à nos rêves et à nos utopies. Les 16-18 et 20 octobre.

Vienne, 1900.
Alors que le monde change de siècle, la capitale d’un empire sclérosé se fait le miroir et le creuset de tous les bouleversements et de toutes les révolutions à venir. En quelques années autour de ce point de bascule, s’inventent l’art et l’architecture modernes des artistes de la Sécession, la psychanalyse de Freud, la logique mystique de Wittgenstein, la littérature et la poésie nouvelles de Musil, Rilke et Hofmannsthal. Dans ce maelström d’idées nouvelles, la musique n’est pas en reste. Alors que Brahms vient de mourir et que Mahler est à la tête de l’Opéra de la Cour, une vie musicale bouillonnante et protéiforme palpite dans les artères de la ville. De cette effervescence, l’Histoire retiendra surtout la figure iconoclaste de Schoenberg. Cet arbre cacha longtemps la forêt d’une vie musicale bien plus riche et multipolaire. Tel Alexander Zemlinsky, qui sut tracer sa voie propre entre un attachement profond au monde sentimental du romantisme et l’urgence d’une nouvelle objectivité en phase avec l’état du monde. De la fertilité de cette contradiction témoigne Görge le rêveur. Ce second opéra de Zemlinsky semble en effet tout entier tendu par une tentative de réconcilier deux inconciliables : rêve et réalité, naïveté et conscience, nature et civilisation, subjectivité et objectivité. Jeune orphelin élevé au sein d’une société villageoise aux idées étriquées et traditionnelles, Görge vit dans le monde de ses lectures et de son imagination débordante, habité par l’espoir de voir ce monde de rêve se réaliser. La trahison de sa fiancée Grete le pousse à répondre à l’appel d’une princesse, aperçue dans un songe éveillé proche du délire onirique, et à fuir vers le monde. Les réalités cruelles de la grande ville lui feront perdre peu à peu toutes ses illusions. Engagé dans un mouvement de révolte ouvrier qui se retournera bientôt contre sa nouvelle compagne Gertraud, il fait jusqu’au bout l’expérience de la sauvagerie, de l’injustice et de la violence aveugle du réel. Ses espoirs brisés, amer et dégoûté, il retournera au village avec Gertraud pour une vie rangée et paisible qui l’amènera à la révélation finale : Gertraud n’est autre que la princesse de son rêve, le rêve s’est réalisé. Pour cette histoire violemment tendue entre deux pôles, Zemlinsky tisse une musique savamment contrastée : aux couleurs opalisantes, à l’opulence d’un premier acte entêtant et plein d’une poésie extatique, répondent les violences, les carrures brutales et implacables d’un second acte dont le matériau volontairement rudimentaire - jusque dans les citations de chansons révolutionnaires - se voit traité avec un grand raffinement harmonique et instrumental bien dans la manière de Mahler. Commandé par ce dernier pour la Hofoper, Der Traumgörge aurait dû voir le jour à la fin de l’année 1907.
Mais la démission de Mahler relégua cette partition fascinante dans les archives du théâtre, d’où elle ne ressorti qu’en 1980 pour une création posthume à Nuremberg.

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