Le musée archéologique de Dijon présente l'exposition [Passé] à table

Le musée archéologique de Dijon présente l'exposition [Passé] à table

INFORMATIONS PRATIQUES

21 MAI > 21 NOVEMBRE 2021
ENTRÉE LIBRE
TOUS PUBLICS
ACCESSIBLE AUX PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP
Ouverte tous les jours, sauf le mardi, de 9h30 à 12h30 et de 14h à 18h
Fermeture les 14 juillet, 1er et 11 novembre soumises aux évolutions du contexte sanitaire.

Musée archéologique de Dijon
5 rue du Docteur Maret
DIJON
Tél. : (+33) 3 80 48 83 70
www.musees.dijon.fr

Accès :
Tram : T1 et T2 arrêt Darcy
Divia City : arrêt Saint -Bénigne
Bus : ligne 4 arrêt Darcy

Du 21 mai au 21 novembre 2021 à Dijon

Le musée archéologique de Dijon présente, du 21 mai au 21 novembre 2021, l'exposition [Passé] à table. Fragments d'une histoire dijonnaise qui invite à découvrir l'évolution de la vaisselle de table utilisée sur le territoire dijonnais, de l'époque mérovingienne (VIe-VIIe siècles) au XIXe siècle. Cette exposition est conçue en partenariat avec l'Institut national de recherches archéologiques
préventives (Inrap) / direction interrégionale Bourgogne-Franche-Comté et la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) Bourgogne-Franche-Comté / Service régional de l'archéologie.
L’exposition présente, pour la première fois au public, une sélection représentative de ces pièces de vaisselle en terre cuite, mises au jour ces toutes dernières années, à l'occasion de fouilles archéologiques principalement préventives réalisées dans le Dijonnais.



Le parcours général de l'exposition est chronologique, construit autour de cinq grandes sections :
- D'une table à l'autre. Entre Antiquité et Moyen Âge (VIe-VIIe)
- Nuances de gris. Une génération de pots « couteaux suisses »
- (Xe-XIIe)
- Goûtons voir si le vin est bon ! Pichets et cruches à boire du duché (XIIIe-XIVe)
- Terrestre ou spirituel : sur la table du réfectoire d'un couvent de Dijon (XVIe -XVIIe)
- Avec une pointe de moutarde ? De la fabrique à la table (XIXe – début XXe)

Ce parcours invite tour à tour le visiteur à s'asseoir à la table d'un membre de l'élite mérovingienne, d'un habitant d’un bourg d'abbaye, d'un marchand faisant halte en Bourgogne, d'une religieuse de la Visitation et d'un représentant en moutarde…
Au sein de chacune de ces sections, l'exposition comporte un cadre général donnant les principales clefs de lecture des thèmes : la période historique, un personnage, les types de vaisselle, les mets consommés, les deux à trois principales catégories techniques de céramique, des récipients classés par usage(s), un à deux site(s) archéologique(s) de référence et un ou plusieurs focus thématiques.

L'exposition présente environ 120 objets mis à disposition par les principaux acteurs de l’archéologie du territoire : services de l’État / DRAC / Service régional de l'archéologie et opérateurs d’archéologie tout particulièrement l'nrap. Ils seront complétés par des prêts issus de musées régionaux et les musées de la ville de Dijon, notamment le musée archéologique et le musée de la Vie bourguignonne Perrin de Puycousin. Les objets présentés sont, pour la très grande majorité, des pièces de vaisselle céramique. Ils permettent de parcourir les principaux usages en matière d’alimentation (stockage / transport, préparation, cuisson, service).
Celles découvertes en contexte d’atelier de fabrication sont complètes. Des éléments de vaisselle « fantôme » en verre, bois et métal complètent ponctuellement le discours.
Des illustrations (restitution grand format ou documents historiques), des dessins notamment archéologiques, des plans / cartes et des photographies documentent les collections présentées.
Des sections intermédiaires, résolument interactives, permettent également de tester ses connaissances.

L’exposition vise ainsi à :
- mettre en lumière l'évolution et la variété du vaisselier utilisé sur les périodes chronologiques considérées,
- témoigner, au travers de ces découvertes, de l'évolution des différents choix techniques et culturels en matière de consommation et d'alimentation, 
- mettre en avant des pratiques quotidiennes et donc des productions céramiques locales souvent délaissées au profit de céramiques de luxe et d'importation,
- faire connaître à un plus large public les résultats des principales opérations archéologiques menées sur le territoire du Dijonnais,
- présenter les différentes techniques et méthodes archéologiques permettant de faire « parler » ce mobilier céramique,
- présenter l'actualité de la recherche archéologique au sein du musée archéologique de Dijon, l'une des capitales de la gastronomie.

Cette exposition est à la fois vivante, pédagogique mais aussi ludique à destination d'un public familial, permettant de valoriser ainsi une typologie d'objets archéologiques méconnue ou source d'idées reçues. Elle se veut également résolument percutante et moderne en regard de l'apparente austérité du sujet. Le public local et le public amateur y trouveront également matière à satisfaire leur curiosité.

LE PROPOS

UNE INVITATION À [PASSÉ] À TABLE
AUTOUR DES FRAGMENTS D'UNE HISTOIRE
DIJONNAISE

[Passé] à table... quelques mots pour ouvrir l'appétit et aiguiser l'imaginaire autour d’un domaine si familier, et pourtant si lointain lorsqu'il s'agit de remonter dans le temps.

[Passé] à table est la première occasion de présenter une sélection représentative de pièces de vaisselle en terre cuite du quotidien, mises au jour ces dernières années, à l'occasion d'opérations archéologiques dans le Dijonnais sur des sites occupés depuis l'époque mérovingienne jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale.

L'argile, matériau abondant et d'accès aisé, permet de façonner des objets céramiques.
Cette technique est connue depuis l'époque néolithique, il y a environ huit mille ans. Le matériau céramique est résistant et il permet de réaliser des objets à bas coût de fabrication. Mais il est aussi fragile : ce produit de consommation au quotidien ne résiste pas à un geste malencontreux ou une utilisation trop intense. Aussitôt cassé, il est rapidement remplacé. Ces abondants fragments, rejetés dans des dépotoirs domestiques, résistent aux affres du temps. Ils sont ainsi retrouvés en grande quantité sur les sites archéologiques. Des contextes particuliers, tels la fouille des dépotoirs d’ateliers remplis de rebuts de cuissons ou le dépôt de céramiques dans les tombes, offrent aux archéologues la possibilité de découvrir des récipients complets.

Dans le registre de la vaisselle culinaire, la facilité de mise en oeuvre de l’argile, sa plasticité et son adaptabilité permettent ainsi, de longue date, le développement de toute une palette de formes, d'usages voire de modes esthétiques pour beaucoup méconnues. Chaque récipient, chaque tesson, étudiés par le céramologue concourent ainsi à un répertoire de formes, à des ensembles plus ou moins développés au fil du temps. Ils attestent de choix techniques et culturels spécifiques, oscillant entre une forme par usage ou des récipients à tout faire. [Passé] à table témoigne ainsi, pour chaque période chronologique retenue, de la rencontre entre un matériau – la terre –, une technologie / technicité, une forme, une ou des fonctions, un geste ou un mode d'utilisation et, pourquoi pas, d'un mets ou une recette, voire des produits issus d'un terroir.

Derrière ces pots, oules, marmites, coquemars, cruches, pichets et autres tupins, ce sont avant tout des objets conçus par les mains de l’artisan pour satisfaire le besoin primordial de se nourrir, véritable maillon d'une vaste chaîne d'ustensiles façonnés dans d'autres matériaux. Ainsi fabriqués, acquis, utilisés, cassés et rejetés, ces récipients participent, pour celui qui est attentif, à restituer l'évolution des pratiques alimentaires associées. En effet, certains de ces récipients conservent des stigmates d’usures, des traces de leur passage sur le feu ou encore la mémoire des différents aliments cuisinés ou bien stockés.

Au-delà du contenant, c'est aussi l'histoire du contenu qui s'écrit. Indices de datation des niveaux dont ils sont issus et plus largement des sites archéologiques, ces récipients (ou artefacts dans le jargon archéologique) sont alors une précieuse source d’information sur les pratiques culinaires et les manières de table correspondent. Loin d'interminables séries de « tessonnailles », ils reflètent directement les mutations de la société qui les a créés, au fil du temps. Ainsi, plus largement, ces artefacts sont autant de témoins permettant de restituer les cadres de la vie quotidienne, des statuts sociaux – le cas échéant –, des pratiques culturelles, des savoirs faire ou de mieux appréhender les échanges économiques.

Ces dernières décennies, l'archéologie a largement étendu son champ d’études, et ce de manière systématique, non seulement, aux périodes médiévale et moderne, mais aussi contemporaine. L’étude des céramiques de ces périodes est finalement une discipline scientifique récente qui intègre, aux données archéologiques, les différentes sources écrites et iconographiques de l'histoire (documents comptables, inventaires après décès, représentations figurées de tous types, ouvrages culinaires, catalogues de manufacture...), mais aussi, dans la mesure du possible, une démarche ethnologique. Dans certains cas, ces sources sont parfois nuancées par les découvertes archéologiques.

[Passé] à table témoigne du dynamisme de la recherche sur le territoire de la Bourgogne permettant aujourd'hui d'esquisser, non seulement les différentes zones de productions locales de ces objets du quotidien, mais aussi leurs modes de diffusion. Leurs usages et leurs fonctions - transport, stockage, préparation, cuisson ou service - suscitent de nouvelles interrogations. Ces domaines (étude des productions et analyse des approvisionnements) connaissent actuellement un plein essor, au travers de projets collectifs de recherche dont la céramique médiévale et moderne (XIIe-XVIIe siècles) en Bourgogne : production, consommation, diffusion, et plus largement avec le réseau national ICERAMM (Information sur la CERAmique Médiévale et Moderne). Ils permettent la constitution progressive d’une chrono-typologie, outil des céramologues, sous la forme d'un répertoire constitué d'un catalogue dans lequel sont classées les principales formes de récipients pour chaque période. Les référentiels bourguignons s'articulent autour d'une série de catégories techniques : le groupe de la Ferté (Saône–et-Loire), le groupe rouge-orangé du Dijonnais, la production grise de Sevrey (Saône-et-Loire) et, plus récemment, la céramique à dégraissant coquillier auxquelles s’ajoutent à partir du XVe siècle les différentes productions de faïence et de grès.

En effet, les recherches effectuées ces dernières décennies ont permis la reconnaissance des qualités fonctionnelles de nombres de catégories, employant à dessein des argiles spécifiques, à l'origine de spécialisations régionales. Les connaissances
des productions bourguignonnes pour la période médiévale et moderne se limitaient jusqu’ici au groupe de production de la Ferté. Grâce aux récentes opérations de terrain couplées à une normalisation des données au sein d’une base, d’autres pôles de productions semblent émerger. L’ensemble des découvertes attestent la multiplicité des approvisionnements et des échanges commerciaux, mais aussi des idées et des techniques, et de la circulation des productions en Bourgogne et au-delà.

Loin d'être un panorama exhaustif, [Passé] à table propose avant tout une rencontre avec cinq habitants qui ont séjourné sur le territoire du Dijonnais à cinq périodes différentes, cinq « utilisateurs » de ces récipients. [Passé] à table révèle ainsi, tour à tour, des pans de la vie quotidienne de Gontran, membre de l'élite mérovingienne au VIe siècle ; de Jean, habitant d'un bourg d'abbaye au XIe siècle ; de Guillaume, drapier de passage sur les marchés du duché de Bourgogne au XIVe siècle ; de Françoise-Jéronime, mère supérieure d'un couvent au XVIIe siècle ou encore d'Hyppolite, représentant en moutarde au début du XXe siècle.

Des tables au fil des siècles, des fragments, des rencontres... Autant d'histoires que révèlent chaque opération de terrain, chaque étude, une véritable enquête menée par une chaîne d'acteurs appuyés sur des techniques et des méthodes interdisciplinaires et complémentaires qui mène jusqu'au musée, restituant en quelque sorte cette histoire du goût.

[Passé] à table... est une invitation festive à parcourir, au fil des siècles, les choix culturels avec leurs allers-retours et leurs innovations, les prémices de notre table et de nos pratiques culinaires, autour de nombreux objets archéologiques à découvrir ou à redécouvrir.


AUTOUR DE L'EXPOSITION

PROGRAMMATION CULTURELLE
Visites commentées, ateliers, conférences, rendez-vous des familles, nocturnes…
Une programmation culturelle, régulièrement enrichie, accompagne l’exposition.
Elle est consultable sur le site des musées de Dijon : musees.dijon.fr

LA GAZETTE
Une Gazette a été spécialement conçue pour vous accompagner dans l'exposition
et prolonger le plaisir de la découverte. Les articles, au ton léger et richement
illustrés, sont librement inspirés des us et coutumes de la table dijonnaise du VIe
au début du XXe siècle. En supplément, des recettes anciennes, adaptées aux
gourmets d'aujourd'hui, vous feront découvrir les saveurs appréciées de nos ancêtres.
Gratuit.

CATALOGUE DE L'EXPOSITION
112 PAGES, PRIX DE VENTE : 15,00
COÉDITION MUSÉES DE DIJON / IN FINE ÉDITIONS
Cet ouvrage, abondamment illustré et destiné à un large public, développant le contenu de l'exposition (textes, illustrations, objets exposés) permet d'en prolonger la visite.
Le catalogue est en vente à la boutique du musée

Le musée archéologique de Dijon présente l'exposition [Passé] à table

LE MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE DE DIJON 

L'HISTOIRE DU MUSÉE
L'histoire des collections du musée archéologique commence dès la fin du XVIIIe siècle à l'initiative d'érudits et de sociétés savantes. Après leurs installations successives dans deux espaces dijonnais, les collections seront finalement installées dans l'ancienne abbaye Saint-Bénigne.

Une origine dans les sociétés savantes
L'histoire des collections du musée archéologique de Dijon trouve son origine dès la fin du XVIIIe siècle dans la volonté d'érudits et de sociétés savantes telles que l'Académie de Dijon ou encore la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or – CACO –, créée en 1832. Cette dernière avait pour but notamment de conduire des opérations archéologiques, de préserver les monuments historiques ainsi que de publier et de conserver le mobilier découvert de sites majeurs tels qu'Alésia, Vertault ou Les Bolards (Nuits-Saint-Georges).

Le nouveau « musée des Antiquités »
Le musée de la CACO a d'abord été installé dans l'ancien hôtel Rolin – actuelles archives départementales – en 1832. Il présentait essentiellement les éléments sculptés issus du castrum antique ou de monuments dijonnais détruits (Saint-Bénigne, Sainte-Chapelle...). Puis, sous le Second Empire, le « musée des Antiquités », enrichi notamment des fouilles du sanctuaire des Sources de la Seine, occupe plusieurs salles du Palais des États, avoisinant le musée municipal de peintures et de sculptures – actuel musée des Beaux-Arts –.

Un musée au sein de l'abbaye Saint-Bénigne
C'est en 1934 que le destin de ces collections et celui de l'abbaye Saint-Bénigne se mêlent par l'installation du musée dans le dortoir des Bénédictins, seul vestige des bâtiments conventuels. Sous l'égide de ses conservateurs successifs, le musée est municipalisé en 1955 et, fort de ses enrichissements issus d'opérations archéologiques récentes et d’acquisitions, se déploie progressivement dans les différents niveaux du bâtiment.
Par le biais de sites majeurs, le musée archéologique présente aujourd'hui les témoignages matériels des cultures qui se sont succédées sur le territoire de la Côte-d'Or, et plus largement de la Bourgogne, de la Préhistoire au Moyen Âge.


LES COLLECTIONS DU MUSÉE
Le musée archéologique propose un vaste panorama de la présence de l'homme en Bourgogne, de la Préhistoire au Moyen Âge, au travers des sites incontournables de la région.

Niveau 0, dans les salles romanes : collections gallo-romaines 

Laissez-vous transporter par les ex-votos, certains exceptionnels en bois, dans le sanctuaire gallo-romain des sources de la Seine où était vénérée la déesse Sequana. Partez à la rencontre des Dijonnais d'il y a 2000 ans représentés au travers des nombreuses stèles et bas-reliefs, dont celles du "Marchand aux chevaux", des "Bouchers" ou encore celle du " Marchand de vin " de Til-Châtel qui vous emporteront dans les ruelles animées de Divio, antique Dijon. Les anciennes murailles du castrum de Divio ont notamment livré, au siècle dernier, de nombreuses sculptures.

Niveau 1, dans l'ancien dortoir des Bénédictins : collections médiévales 

Retrouvez sous les voûtes gothiques les sculptures bourguignonnes d'époques romane et gothique issues d'édifices pour beaucoup disparus. Si l'abbaye Saint-Bénigne reste le point fort de la collection, d'autres sites prestigieux dijonnais (la Chartreuse de Champmol, l'église Notre-Dame...) ou plus largement (Saint-Jeande- Réome à Moutiers-Saint-Jean...), permettent, par des rapprochements stylistiques, d'appréhender le travail des ateliers de tailleurs de pierre et les canons artistiques qui ont eu cours au fil des siècles.

Niveau 2, dans l'abbaye du XVIIe siècle : collections préhistoriques, gallo-romaines et mérovingiennes

Remontez le temps en vous penchant sur les collections mobilières allant de la Préhistoire au Moyen Âge. Autour du "trésor" de Blanot, prestigieux dépôt de l'Age du Bronze final, sont regroupées des découvertes exceptionnelles datant de la Protohistoire : bracelet de la Rochepot (1,300kg d'or), mobilier daté du Néolithique de l'éperon barré d'Etaules, céramiques décorées à l'étain de Chaume-les-Baigneux...
Plongez dans la vie quotidienne gallo-romaine grâce aux mobiliers recueillis au cours des campagnes de fouille sur les sites de Mediolanum (antique Mâlain), des Bolards à Nuits-Saint-Georges ou encore de Selongey.
Enfin, admirez les parures et les armes d'époque mérovingienne : fibules
incrustées de grenats, plaques-boucles de ceinture historiées déposées dans les tombes par les guerriers burgondes et francs (nécropoles de Beire-le-Châtel, de Brochon ou de Noiron-sous-Gevrey…)



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