Exposition « NATURE INCOGNITO, la face cachée des villes » au Jardin des sciences

Exposition « NATURE INCOGNITO, la face cachée des villes » au Jardin des sciences

Info+ :

Du 5 avril au 17 novembre 2019

ENTRÉE GRATUITE SUR TOUT LE SITE (*)
(*) Seule l’entrée au planétarium est payante à partir de 6 ans
Renseignements/réservations :
Tél. : 03 80 48 82 00 - dijon.fr & ma-nature.dijon.fr - museum@ville-dijon.fr

Horaires :
De 9h à 12h30 et de 14h à 18h
Jours de fermeture : mardi, samedi matin et dimanche matin
1er janvier, 1er et 8 mai, 14 juillet, 1er et 11 novembre, 25 décembre
(pour les autres jours fériés, le Jardin des sciences est ouvert de 14h à 18h)

Privilégiez les modes doux !
En tram : T1 et T2 « Foch gare »
En bus Divia : Liane 3 « Dijon Nodot » et liane 4 « Dijon Hôpital »
Station Vélodi « planétarium »

Jardin des sciences & Biodiversité
planétarium-muséum-jardin botanique
Parc de l’Arquebuse
14, rue Jehan de Marville / 1, avenue Albert 1er
21000 DIJON
Renseignements et inscriptions : 03 80 48 82 00
museum@ville-dijon.fr / www.dijon.fr


Vous me reconnaissez ? Je fais partie des millions d’espèces sauvages, animales ou végétales qui vivent dans les villes, tout près de chez nous et qui, pour la plupart, demeurent « Incognito » !
La nouvelle exposition du Jardin des sciences & Biodiversité vous invite à voir la ville autrement : l'immeuble devient falaise, le trottoir rocaille, le jardin pelouse sèche ou humide, le parc forêt… cette mosaïque de lieux différents accueille une biodiversité insoupçonnée ! Une exposition ludique et adaptée à tous les publics, conçue et réalisée par le Jardin des sciences & Biodiversité. Du 5 avril au 17 novembre 2019

L’objectif de cette exposition est d'amener les visiteurs à voir la ville comme un milieu « naturel » ouvert et dynamique, dans lequel interagissent des espèces variées. Les humains, en tant qu'espèce « ingénieur », structurent et influencent fortement ce milieu et ses évolutions.

Depuis 20 ans, la biodiversité en ville est étudiée et mieux connue. Sa prise en compte dans l'aménagement est considérée comme un enjeu de développement de villes durables et agréables à vivre.
L'exposition propose, dans une mise en scène originale adaptée à un public familial, de découvrir la ville sous un aspect souvent méconnu dans laquelle vivent et interagissent de nombreuses espèces.
L'exposition présente en particulier les résultats d'études scientifiques menées sur la biodiversité des territoires urbains (à Dijon et ailleurs…). Ces données sont restituées de façon ludique et interactive, adaptée aux publics du Jardin des sciences, enfants et adultes : spécimens naturalisés et ostéologie, images, photographies, maquettes, manipulations, infographies sur panneaux ou numériques, vidéos, documents d'archives, témoignages de chercheurs, etc.
Le visiteur est amené, à partir d'éléments de son quotidien à observer la nature en ville à travers un éclairage scientifique précis, à comprendre que les activités humaines exercent des pressions importantes sur le milieu, qu'il peut agir pour favoriser la présence des autres espèces dans son environnement.

 Exposition
Copyright JC Tardivon

Quelles espèces vivent dans ces milieux ? Comment s'adaptent-elles ?
Sommes-nous prêts à les accueillir ?


Les villes représentent 2% de la surface de la Terre et accueillent 54 % des humains. Aujourd'hui, les espèces urbaines sont étudiées et mieux connues. Elles nous apportent du bien-être, nous soignent, améliorent la qualité des sols, de l’eau et de l’air… Ainsi, elles représentent un enjeu de développement de villes durables et agréables à vivre. Scientifiques et citoyens, chacun a son rôle à jouer pour favoriser un retour de la nature en ville.

Une exposition ludique et adaptée à tous les publics, conçue et réalisée par le Jardin des sciences & Biodiversité.

 Exposition
Copyright JC Tardivon
Exposition
Copyright JC Tardivon

À la fin de la visite, le visiteur verra sa ville « NATURELLEMENT » AUTREMENT !


Partenaires :
Société d’histoire naturelle d’Autun (SHNA)
Institut national de recherche agronomique (INRA)
Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) de Côte-d’Or & Saône-et-Loire

 

Du 5 avril au 17 novembre 2019

ENTRÉE GRATUITE SUR TOUT LE SITE (*)
(*) Seule l’entrée au planétarium est payante à partir de 6 ans
Renseignements/réservations :
Tél. : 03 80 48 82 00 - dijon.fr & ma-nature.dijon.fr - museum@ville-dijon.fr

Horaires :
De 9h à 12h30 et de 14h à 18h
Jours de fermeture : mardi, samedi matin et dimanche matin
1er janvier, 1er et 8 mai, 14 juillet, 1er et 11 novembre, 25 décembre
(pour les autres jours fériés, le Jardin des sciences est ouvert de 14h à 18h)

Privilégiez les modes doux !
En tram : T1 et T2 « Foch gare »
En bus Divia : Liane 3 « Dijon Nodot » et liane 4 « Dijon Hôpital »
Station Vélodi « planétarium »

 

 Exposition

 

I - LA VILLE : Fonctionnement d’un milieu particulier


 700 millions d’espèces… et moi et moi et moi : Quelles espèces vivent en ville ?
Comme tous les écosystèmes, la ville est un milieu (biotope) ouvert et dynamique dans lequel vivent et interagissent de nombreuses espèces (biocénose), sauvages et domestiques.
De l’espèce, Homo sapiens d’une densité très importante en ville… aux espèces exotiques… spécialistes… généralistes… anthropophiles… sauvages… la liste est dressée et exprime la diversité des espèces pouvant être observées en milieu urbain.
Exposition

 L’humain : espèce ingénieur
Le territoire de la ville est modelé par l’humain, espèce dite « ingénieur » car ses activités structurent l’espace et exercent des pressions importantes sur le milieu. Depuis le 19e siècle, les villes ont tendance à se développer (augmentation du nombre d'habitants et d'usagers) et à s'étendre.
Exposition


 La ville est un milieu particulier
L'écologie urbaine récente reconnaît la ville comme un territoire urbain, inséré dans un ensemble plus global (échelle régionale, nationale, continentale, etc.), constitué de plusieurs écosystèmes différents, plus ou moins bien connectés entre eux et avec les territoires ruraux alentours.
Les conditions peuvent être proches de milieux naturels : falaises et milieux minéralisés, milieux pionniers ou friches, milieux cultivés, forêts, milieux aquatiques et humides... Ces micro-milieux peuvent présenter des facteurs limitant pour certaines espèces, tandis que d'autres y trouveront le gîte et/ou leur nourriture.

Quelques particularités du milieu urbain et leurs impacts sur les espèces :


Le climat est plutôt sec, il fait moins froid l'hiver, mais plus chaud l'été (1 ou 2°) que dans les milieux ruraux alentours, en raison des activités humaines (chauffage, moteurs…) et des aménagements.
       Cela modifie les comportements de certains animaux, comme des migrateurs qui ne migrent plus.

En raison d’une lumière artificielle permanente, la luminosité est importante.
       Elle perturbe les déplacements et modifie les comportements de certains animaux notamment nocturnes.

Les habitats sont très fragmentés en petites et grandes parcelles séparées par des obstacles (grilles, murs...), et mal connectées les unes aux autres.
       Les espèces vivant au sol ont des difficultés à se déplacer.

Les trajectoires du vent sont modifiées en raison de la présence des immeubles. Les tempêtes sont moins fortes que dans des espaces très ouverts.
       Les animaux volants peuvent être gênés dans leurs déplacements.

Le cycle de l'eau est modifié par l'imperméabilisation des sols et l’évacuation des eaux usées dans les canalisations qui limitent le stockage : l'eau de pluie ruisselle sur les routes, trottoirs, bâtiments, parkings, etc. L'eau potable est importée, les eaux usées exportées.
       Cela rend l’accès à l’eau plus difficile pour de nombreuses espèces.

Les disponibilités en eau et en nourriture sont faibles en centre-ville.
        Cela limite la présence d’un grand nombre de plantes et d'animaux.

Exposition

II - LA VILLE : Un territoire composé d’une mosaïque de différents milieux


La ville n'est pas uniforme, c'est un territoire complexe composé de multiples micro-milieux dont les conditions sont similaires à d'autres milieux naturels : l'immeuble devient falaise, le trottoir rocaille, le jardin pelouse sèche ou humide, le parc forêt… cette mosaïque de lieux différents accueille une biodiversité insoupçonnée !


 Milieu minéral : la biodiversité des centres villes
En coeur de ville très minéralisé, les contraintes sont fortes, offrant peu d'espaces pour l'installation de plantes et animaux variés.
La plupart des espèces sont très généralistes, elles s'accommodent des conditions écologiques variées. Quelques espèces très spécialistes (notamment de rocailles) peuvent trouver en coeur de ville des conditions de vie favorables : sols pauvres en nutriments, infractuosités de roches ou cavités des bâtiments, besoins en eau limités, absence de concurrence...
Jardins publics et privés, balcons fleuris, toits et murs végétalisés constituent en ville des îlots où un nombre important d’espèces peuvent être ponctuellement observées. Ainsi, un simple pot de fleur disposé sur un balcon peut représenter un refuge pour quelques petites espèces et participer à la pollinisation si les fleurs sont visitées.


 Chemins et corridors
Les voies bordées de végétation sont des passages pour la flore et la faune : les chemins piétonniers, voies vertes, berges des cours d'eau, fossés et talus ont une fonction essentielle de corridors écologiques, constituant une liaison entre différents milieux « réservoirs de biodiversité » et permettant ainsi la circulation vitale et la dispersion des espèces dans leur quête de nourriture, de partenaires ou de territoire d'implantation. Progressivement, certains ronds-points, bordures, accompagnements de voirie des villes se couvrent de plantes sauvages et locales plutôt que de plantes horticoles. Différentes strates de végétation proposent une diversité d'habitats et de ressources et constituent des zones de refuge et de circulation pour la faune sauvage, en particulier les pollinisateurs.


 Milieux pionniers : la biodiversité insoupçonnée des chantiers
Milieux pionniers temporaires, les chantiers et autres espaces récemment perturbés constituent de petits îlots favorables aux espèces dites pionnières. La mise à nu régulière du sol convient à des plantes qui ne supportent pas la compétition et qui ont peu d'exigences écologiques : rapidité à boucler leur cycle de reproduction et production de nombreuses graines. Parmi ces plantes se trouvent de nombreuses invasives comme le buddleia ou l'ambroisie. Les espaces perturbés comprenant des buttes, talus et tas de terre comptent parmi les sites de nidification les plus importants et les plus utilisés par les abeilles dites « terricoles ».


 Friches urbaines : réservoirs de biodiversité en ville
Espaces de nature en attente, délaissés des activités humaines, souvent très hétérogènes, les friches urbaines sont rapidement colonisées par la végétation. Elles présentent des habitats divers et variés, abritent des communautés riches en espèces végétales de toutes origines. En milieu très urbanisé, ces espaces sont les plus riches en espèces : elles peuvent abriter plus de la moitié des espèces végétales des villes.


 La biodiversité dans mon jardin
Les milieux naturels de prairies et pelouses accueillent une grande diversité, y compris sur des territoires urbains. En ville, les gazons et les jardins privés peuvent y être assimilés. A condition qu'ils soient gérés de manière écologique, ils représentent la majeure partie des réservoirs de biodiversité. A l'échelle de la France, leur surface est quatre fois plus étendue que celle des réserves naturelles.
Le jardin naturel est plus accueillant pour la faune et la flore : Il offre habitat et nourriture par la présence d'une végétation abondante, il se trouve en connexion avec l'extérieur, le jardinier n'introduit pas de produits phytosanitaires, les vielles branches et les troncs morts sont laissés sur place, accueillant champignons, lichens, insectes, chouettes, chauves-souris et autres innombrables organismes qui en dépendent.

Des études ont été réalisées sur le territoire de la métropole. À titre d’exemple :

 Depuis en 2011, un habitant de Talant, curieux de nature, dresse un inventaire photographique de toutes les espèces repérées dans son jardin : situé dans un lotissement à proximité d'un chemin piétonnier et arboré, le jardin géré au naturel fait le tour de la maison. Il présente différentes strates et habitats pour la faune (arbres, haie, potager bio, pelouse tondue périodiquement, bordures fleuries, espèces végétales sauvages et cultivées).
Une très grande diversité d'espèces de toutes tailles ont été observées et identifiées : des araignées, des collemboles, des coléoptères, des mouches, des abeilles, des papillons, des escargots, des reptiles, des oiseaux, des mammifères, des lichens, des mousses, des champignons... Les micro-organismes sont peu représentés, car ils sont plus difficiles à identifier et à photographier !
Au total, cet habitant a identifié 1846 espèces…dont 1612 espèces animales, 187 espèces végétales, 37 espèces de champignons, 4 espèces de myxomycètes, 1 espèce d'annélide, 1 espèce de bactérie, 3 espèces de chlorophycées, 1 espèce de cyanobactérie...
Des photographies de cet inventaire sont présentées dans l’exposition. Une borne à disposition des visiteurs permet un accès à son site internet.
 269 espèces végétales sur le plateau de la Cras :
Lors de l'acquisition par Dijon métropole de terrains agricoles sur le plateau de la Cras, un inventaire floristique a été dressé. Il doit servir de point de référence pour mesurer l'impact du programme d'agriculture périurbaine mis en oeuvre (types de cultures, modes de gestion...) et suivre son évolution.
Les milieux les plus riches en nombre d'espèces végétales sont les talus routiers, les lisières forestières et les cultures de vignes suivies par les jachères. Plus de 50 planches d’herbiers ont été réalisées avec des échantillons récoltés sur le plateau de la Cras. Elles viendront alimenter le projet de réalisation d’un herbier de plantes urbaines et périurbaines de Dijon métropole
A noter que 2 espèces dont l'observation n'avait pas été attestée en Bourgogne depuis 50 ans seront davantage suivies : Lathyrus sativus L. et Medicago orbicularis L. Bartal.
Etude menée par Johann Lallemand, Jardin des sciences& Biodiversité, 2015- 2016


 Dans les sols de la ville
Ce sont des lieux méconnus de biodiversité.
En coeur de ville, à force d'être creusées, déplacées, mélangées aux gravats, traversées par de multiples réseaux, les couches du sol sont souvent déstructurées et ne possèdent plus les caractéristiques indispensables à la vie de beaucoup d'organismes.
Le nombre d'êtres vivants est limité et peu diversifié et ce sont les organismes les plus gros qui sont les plus impactés.
Cependant, les zones de sols vrais représentent 30% des sols dans les villes, dans les espaces verts ou les jardins privés.
En l'absence de produits phytosanitaires, la vie s’y épanouit.
Le sol est la base de la biodiversité = lieu support nourricier de la végétation et par extension de toute la chaîne alimentaire, d'infiltration de l'eau, de recyclage de la matière organique, de vie d'espèces variées, généralement réparties selon leur taille.
Dans le sol de la prairie… 260 millions d'animaux dans 1 m2
Environ 25 % des espèces animales et végétales décrites sur terre habitent ou passent une grande partie de leur vie dans le sol. À cela il faudrait ajouter les millions d'espèces de micro-organismes dont la connaissance commence seulement à être estimée. http://www7.inra.fr/dpenv/faunedusol.htm


 Les forêts urbaines : réservoirs de biodiversité
Les forêts urbaines sont multiples, à la fois lieu de promenade et de détente, « poumons verts » des villes, et réservoirs majeurs de biodiversité. Si elles sont reliées par des corridors écologiques ou situées en périphérie des villes, en connexion directe avec les territoires ruraux alentours, elles constituent des espaces d’interactions pour les espèces forestières.

Le parc de la Colombière, par son étendue (600 ha) et sa composition, constitue un réservoir de biodiversité majeur pour le territoire. Il bénéficie d'une connexion directe avec un complexe de milieux humides via l'Ouche qui le borde par un de ses côtés. Le Cours du Parc, large allée d’alignements, s’inscrit dans sa continuité, reliant le centre-ville.
Ce site dijonnais bénéficie d’une gestion en faveur de la biodiversité : une fauche différenciée (pelouses et bordures tondues régulièrement, zone forestière non fauchée), l'absence de produits phytosanitaires, les branches mortes laissées sur place préservent la biodiversité…


Une entomofaune d'importance européenne :
Trois espèces vivant dans les arbres sont présentes ou potentielles sur le site : le Pique Prune, le Grand Capricorne, le Lucane Cerf-volant.
Les deux premières espèces sont protégées, les trois sont inscrites dans la Directive Habitats Faune/flore du 21 mai 1992 et à ce titre doivent bénéficier d’une attention particulière lors de la gestion.
La Grande Cétoine dorée, la plus grande Cétoine de France, peu commune sur notre territoire national et inféodée aux vieilles futaies, a également été capturée le 3 juillet 2015.
Le parc de la Colombière en quelques chiffres :
459 espèces de coléoptères
Coléoptères : étude menée par Monique Prost et Julien Soichot, 2010
83 % du parc de 34 hectares est occupé par la forêt.
4395 arbres
27 essences d'arbres dont 2 sont majoritaires : les Marronniers (42 %) et les Tilleuls (21%)
Etude menée par l'ONF, Février 2017


 Les milieux humides en ville : réservoirs et corridors écologiques
Tandis que les cours d'eau constituent des voies naturelles de première importance dans les continuités écologiques, les milieux humides stagnants (marais, étangs, lacs) sont écologiquement riches et diversifiés.
Depuis sa création il y a 55 ans, le lac Kir accueille de nombreux oiseaux nichant sur place, mais aussi des espèces très rares sur le territoire, de passage en cours de migration :

185 espèces d'oiseaux recensés au lac Kir depuis 1966 dont certaines très rares et/ou d’origine exotique.
Depuis 1994, chaque mois d’octobre à mars, des ornithologues bénévoles (programme Wetlands du BIROE) suivent les tendances des populations d’oiseaux hivernants. Ces données sont complétées par des observations menées dans le cadre des sciences participatives par des amateurs (programme VisioNature: oiseaux-cotedor.org), représentant près de 13 000 données.
Suivi assuré par la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire.

Exposition


III – ESPÈCES SOUS SURVEILLANCE


Aujourd’hui, la biodiversité en ville est étudiée et mieux connue : les comportements des espèces, leur répartition sur le territoire, leurs adaptations locales... permettent de mesurer l'état de la biodiversité et de mettre en place des actions d'aménagement et de
gestion adaptées.


 Connaître la biodiversité en ville : tout le monde s’y met !
Mieux connaître la biodiversité des villes et son évolution est un préalable indispensable pour préserver et restaurer la biodiversité.
Devant l'ampleur de la tâche, les naturalistes s'appuient sur des observations faites par des non spécialistes, dans le cadre des sciences participatives. Chacun est invité à observer, dans sa rue, son jardin, le parc public...
Des protocoles, initiés par le Muséum national d’Histoire Naturelle de Paris, simples et accessibles au plus grand nombre permettent aux curieux d'apprendre à observer, à connaître et à préserver la nature, tout près de chez soi.

Spipoll
Sauvage de ma rue
Opération escargot
L'observatoire des Jardins : bourdons et papillons

Un muséum dédié aux chauves-souris à Bourges
Il y a 30 ans, le muséum de Bourges a contribué à détourner le tracé d'une rocade de Bourges, afin de sauvegarder le gîte de 1500 chauves-souris. Depuis, ce site accueille plus de 7000 individus et Bourges est devenue l'un des premiers centres d'étude et de recherche sur les chauves-souris.
Ce muséum coordonne des études visant à repérer les sites de repos et d'hibernation, compter les individus, suivre les déplacements et les zones de chasse, les menus, les heures de sortie... Ces études ont pour objectif de mieux prendre en compte ces espèces dans le plan de gestion urbain de la Ville de Bourges. Cela se traduit par un travail concerté avec les services techniques, les aménageurs, les architectes, ainsi que les habitants.


10 espèces différentes repérées à Bourges
Sur plus de 1200 espèces dans le monde, 34 espèces sont reconnues pour la France. À Bourges, une cartographie précise permet de localiser plus de 120 sites dont certains accueillent des milliers d'individus.
Etudes menées par le Muséum de Bourges
19 espèces de chauves-souris sur le territoire de Dijon métropole, dont certaines sont rares et menacées
Une grande diversité d’espèces est présente sur le territoire de Dijon métropole. Un site est considéré comme enjeu national pour la conservation des chauves-souris.
Suivi assuré par le groupe Chiroptères de la Société d'Histoire Naturelle d'Autun.

Exposition
Copyright JC Tardivon

 Mesurer la biodiversité en ville
Lorsque les villes aménagent davantage d'espaces végétalisés (parcs, jardins, murs et toits végétalisés...) et évoluent vers des modes de gestions écologiques, le nombre d'espèces augmente. Aussi, même si les données restent partielles, les scientifiques observent que le nombre d'espèces dans les grandes villes est, globalement, plus important qu'il y a un ou deux siècles.

1150 espèces de Coléoptères à Dijon, réparties en 69 familles différentes
Une vaste étude portant des collectes menées entre 1854 et 2010 a permis de mesurer la diversité des espèces de coléoptères de Dijon. Quatre familles sont plus représentées : les Staphylinidae, les Curculionidae, les Chrysomelidae et les Cerambycidae (51% du total des espèces repérées).
Etude menée par Monique Prost et Julien Soichot en 2010, à partir du catalogue d'Auguste Rouget (1854-1860), de la collection Barbier (1950-1980), de la collections du Jardin des sciences & Biodiversité (1905-2009) et de collectes à vue récentes des membres de la SED et du Jardin des sciences & Biodiversité.

500 moineaux « contactés » en 2018 à Dijon
En 2018 a été lancé un programme de suivi de la population dijonnaise du Moineau domestique, espèce commune pour le moment mais qui connaît des chutes d’effectifs importants partout en Europe.
Suivi assuré par la Ligue pour la Protection des Oiseaux de Côte-d’Or et de Saône-et-Loire.

Le Hérisson d’Europe, espèce « parapluie » des villes
Le hérisson d’Europe est une espèce commune dans les villes d’Europe. Cette espèce serait aujourd’hui plus fréquente en zone urbaine (37 individus par km²) qu’en zone rurale (entre 1 et 4 individus par km²).
En ville, ils sont actifs plus tôt que leurs congénères ruraux, car la ville est plus calme, donc moins dangereuse, au petit matin. Ils sont aussi moins mobiles. Leur aire de déplacement ne dépasse pas 300 mètres, contre 1 km pour les hérissons ruraux, car ils trouvent plus facilement de quoi se nourrir et s'abriter.
Cette espèce est considérée comme une espèce « parapluie », dont les besoins (la niche écologique) incluent ceux de  nombreuses autres espèces. Il est ainsi un témoin essentiel de la biodiversité urbaine et un indicateur de la santé des haies, des lisières, des jardins, etc. Leur popularité et leur relative « lenteur » permet aussi une observation plus aisée que d’autres espèces plus furtives.
Étude des populations de hérissons et de leurs déplacements en ville, Ecole vétérinaire de Nantes, novembre 2009 à septembre 2010.

Exposition
Copyright JC Tardivon


 Mesurer les impacts de l’urbanisation des espèces.
Quelles réponses adaptatives observe-t-on chez les espèces urbaines ?
Beaucoup d'espèces disparaissent car elles ne sont pas capables de survivre ni de s'adapter.
Certaines espèces, surtout généralistes, modifient leurs comportements, leur menu, parfois évoluent physiquement...
Quelques espèces rares trouvent en ville des conditions adaptées, à condition que leur habitat ne soit ne soit pas modifié.

Il fait plus chaud et sec en ville
Chez les animaux, on observe tous les types de réponses : certaines espèces (merle) vont nicher plus tôt, d'autres (étourneau),
plus tard. Certains mammifères (hérisson) vont hiberner moins longtemps, d'autres (écureuil) vont allonger leur période d'activité ou avancer leur période de reproduction.
Chez certains arbres, la période de débourrage de bourgeons est avancée de quelques jours par rapport aux zones rurales alentours. Certaines plantes vont fleurir plus tôt ou plus longtemps.
Les mésanges assurent mieux leur succès reproducteur à la campagne qu’en ville.
Des populations de Mésanges bleues, charbonnières vivant en forêt d’une part, en ville d’autre part (Dijon et Besançon) ont été suivies durant trois années : comptage du nombre d’oeufs, mesures corporelles, analyses du sang…
Les données s’accordent avec d’autres études similaires : globalement, les oiseaux des villes pondent moins d’oeufs en milieu urbain.
Etude menée par les laboratoires Biogéosciences et Chrono-environnement de l’Université de Bourgogne Franche-Comté, 2015
L'effet d'une lumière permanente modifie les cycles des plantes et des animaux, qu'ils soient diurnes ou nocturnes.
Les feuilles des arbres restent vertes plus longtemps lorsqu’elles sont placées à proximité des lampadaires. Les pigeons, les corneilles ou encore les hérissons sont actifs plus longtemps en soirée dans la ville éclairée. Les étourneaux en migration installent des dortoirs en ville plus facilement là où il y a de la lumière car elle permet de voir arriver les prédateurs potentiels tout au long de la nuit. Certaines chauves-souris modifient leurs domaines vitaux pour chasser sous les lampadaires.
Certaines espèces modifient leur régime alimentaire et leur comportement en ville.
Les déchets alimentaires constituent pour certains animaux une source importante de nourriture depuis longtemps. D'autres ont appris à « faire les poubelles » : les pigeons ramiers (granivores) et plutôt forestiers, se rencontrent de plus en plus fréquemment en ville, où ils consomment volontiers les frites abandonnées par les passants. Les goélands se nourrissent des déchets des humains. Les étourneaux, réputés insectivores, apportent à leur nichée des miettes de pain, des bouts de frite, des restes de viande ou de pizza.
Les polluants s’accumulent dans les organismes. Les Lichens sont des bio-indicateurs de la pollution atmosphérique.
Certaines espèces sont sensibles notamment au dioxyde de soufre et régressent à l'approche des villes. A l'inverse certains lichens (orange ou gris sur les arbres) se développent en présence d'oxydes d'azote.
Ainsi l’inventaire des lichens dans une zone donnée peut être utile pour caractériser la qualité de l’air.


ExpositionAND THE WINNER IS !... LE MERLE, champion de l'adaptation en ville !
Cette espèce est globalement abondante dans divers habitats allant de la forêt (son habitat d’origine) aux sites très urbanisés, colonisés à partir du 19e siècle. Ses effectifs sont considérés comme stables en France depuis les années 1990.
D'après le biologiste Menno Schilthuizen, les merles, Turdus merula, installés dans les villes il y a plus de 200 ans, ont procédé à toute une série de changements par rapport aux merles noirs vivant en forêts : ils ont changé leur manière de chanter, l'heure à laquelle ils chantent, leur comportement migratoire, la largeur de leur bec, leurs intestins, leur comportement, ou encore leur sensibilité au stress.


 Préserver et réguler les espèces en ville
Accueillir la biodiversité au sein de la ville, cela suppose, au-delà de l'acceptation « culturelle » des habitants, que l'on mette en place des mesures pour préserver les plus fragiles, réguler les populations de certaines espèces communes, mais aussi limiter le développement d'espèces exotiques envahissantes, l’une des causes majeures d’atteinte à la biodiversité au niveau international, car elles entrent en concurrence avec les espèces indigènes.
La présence de certaines espèces sauvages est bien perçue (beaucoup d'oiseaux en général), d'autres sont tolérées, d'autre encore non souhaitées dans la ville :

-en raison des réelles gênes occasionnées : bruit, déjections, transmissions de maladies (pigeons, rats, mouches...), piqûres (moustiques, poux, orties, ronces), risques d'allergies, concurrence avec les espèces locales, ravages sur les cultures...
-en raison d'une mauvaise réputation (saleté, attaques supposées sur l'homme) qui ne repose pas, généralement, sur des bases biologiques ou sanitaires réelles : araignées, chauves-souris...
-La gagée velue, urbaine et protégée
La gagée velue est protégée au niveau national en France. À Dijon, elle est observée à différents endroits dans la ville. Elle bénéficie de conditions favorables : la stabilité des sites historiques où elle est implantée, ainsi qu'une absence de concurrence due aux tontes régulières.
-L’ambroisie, attention danger !
Il existe trois espèces d'ambroisie dont une seule présente à Dijon (Ambrosia artemisiifolia L.). Elles sont considérées comme des espèces végétales dont la prolifération est nuisible à la santé humaine. En effet, le pollen de ces plantes entraîne des symptômes allergiques sévères.
-La Pyrale du buis (Cydalima perspectalis) est une espèce de papillon provenant du sud-est asiatique, introduite accidentellement. Sa chenille fait des ravages sur les buis en Europe depuis les années 2000. L’arrivée soudaine et massive de cette nouvelle espèce a provoqué un déséquilibre écologique. La ressource alimentaire étant telle et les prédateurs non encore préparés, elle connaît un pic de population. Un équilibre pourrait progressivement se mettre en place, où l’espèce sera toujours présente mais en quantité plus raisonnable.


 Les bruits de la ville : sons d’insectes
Sur le territoire de la métropole dijonnaise (combe Saint-Joseph, plateau de la Cras, aux Gorgets, entre Fontaine d'Ouche et Lac Kir...), une équipe du Jardin des sciences & Biodiversité enregistre les sons produits par certains insectes orthoptères (grillons, criquets et sauterelles) et hémiptères (cigales). Cela permet de les détecter, de les identifier, de mesurer leur activité et ainsi mieux comprendre leur éthologie, leur écologie et leur répartition.

 DIJON, capitale des pollinisateurs
En ville vivent des centaines d'espèces d'insectes, dont beaucoup jouent un rôle très utile pour les humains : en butinant de fleurs en fleurs à la recherche de nourriture, ils transportent le pollen, assurant ainsi la reproduction d'un grand nombre de plantes.
Sur le territoire de Dijon métropole, des réservoirs de biodiversité pour les abeilles sauvages ont été identifiés : boisements (combe Saint-Joseph, parc de la Colombière...), milieux ouverts thermophiles (pelouses sèches surplombant le lac Kir...), prairies (champ captant des Gorgets...).
Depuis plusieurs années à Dijon, un plan pour la biodiversité mobilise gestionnaires, aménageurs et habitants pour favoriser la biodiversité dans la ville et notamment la présence des pollinisateurs : mieux les connaître, sensibiliser et aménager des espaces pour nidifier, des ressources alimentaires adaptées, des corridors pour se déplacer.


 181 espèces observées à Dijon
Le territoire dijonnais, carrefour naturel entre les influences méditerranéennes et continentales abrite un lot d'espèces remarquables.
Etude menée en 2017 par Matthieu Aubert, sur le territoire de Dijon métropole .

Exposition

IV – VERS DES VILLES + BIODIVERSES !


La présence de la nature en ville rend de nombreux services, apporte du bien-être et représente un enjeu de développement de villes durables et agréables à vivre.
Partout dans le monde se mettent en place de nouvelles pratiques : jardinage, toits et murs végétalisés, ombrage végétal, revêtements perméables... peu à peu la nature reprend ses droits en ville, sommes-nous prêts à l'accueillir ?


 DIJON, le Jardin des sciences & Biodiversité : un jardin urbain du 21e siècle
Espace de convivialité, de sociabilité, de détente, d'activités sportives, de solitude, de découverte de la nature, de pratique du jardinage... le jardin public du 21e siècle est géré de manière écologique : moins de plantes horticoles, fauches tardives, arrêt des produits chimiques, prairies fleuries, hôtel à insectes, zone de compostage, bacs de jardins partagés...
À Dijon, le parc de l'Arquebuse, premier parc dijonnais labellisé Ecojardin, accueille le Jardin des sciences & Biodiversité, un établissement unique en son genre, qui diffuse et partage les savoirs scientifiques notamment autour de la nature en ville. Les équipes du Jardin des sciences & Biodiversité, par leurs expertises, pilotent et animent le plan biodiversité qui porte sur l’ensemble du territoire de Dijon métropole. Certaines des actions de ce plan sont visibles dans le parc de l'Arquebuse, à titre expérimental ou d'exemple.
L'objectif est de former des citoyens curieux, informés et engagés, voire des « ambassadeurs » de la biodiversité, au coeur des enjeux de développement des villes durables au 21e siècle.

Exposition

« Adoptez un pied d’arbre ! », c'est-à-dire s'engager à végétaliser et entretenir ces « petits coins de nature ». Cela permet aux habitants qui ne disposent pas de jardin de contribuer à favoriser la biodiversité jusque dans le centre-ville !
En savoir plus : dijon.plante-et-moi.fr et ma-nature.dijon.fr


 Auprès de mon arbre, je vivrai heureux : les services écosystémiques de la nature en ville
L'arbre, symbole de la nature en ville, support de biodiversité par excellence, témoigne des « services écosystémiques » que la présence de la nature en ville rend aux humains : nourrir, rafraîchir, divertir, apporter du bien-être, soigner, retenir l'eau, dépolluer et améliorer la qualité de l'air que nous respirons, recycler nos déchets, enrichir les sols...

Services rendus… Approvisionnement / régulation / culturels / assistance
Les arbres fournissent de la nourriture, du bois, le gîte et le couvert pour la petite faune, de la place pour les nids, de l’ombre…
Ils réduisent la pollution atmosphérique, protègent contre les inondations, les glissements de terrain…
Ils embellissent le paysage, incitent à la détente, aux rencontres, aux échanges, diminuent le stress, augmentent la concentration et la créativité…
Ils favorisent la formation du sol, la photosynthèse, le recyclage des substances fertilisantes : sans ces services rendus, il n’y aurait ni croissance… ni production…
Bref… ils rendent heureux !

 La place de la nature en ville évolue dans le temps
Des jardins de Ninive aux « terres noires » des premiers siècles du Moyen Age, des exemples historiques montrent que la manière de percevoir la place de la nature en ville évolue dans l'espace et dans le temps. Au-delà des espaces verts, les habitants des villes intègrent peu à peu l'idée que leur ville toute entière est un espace de cohabitation avec les autres espèces vivant dans ce milieu.

-Quelques exemples de jardins historiques et contemporains sont présentés dans l’exposition :
-Les Jardins de Ninive (Assyrie)
-Les Jardins de Pompéi (Italie)
-Les « terres noires » du Haut Moyen-âge
-Les cités Jardin : l’urbanisme entre ville et nature
- …
-La ville-nature : restaurer les équilibres par les fonctions écosystémiques !


De nombreuses villes ont compris aujourd'hui les bénéfices de la nature en tant qu'élément structurant de l'aménagement urbain :
améliorer la qualité de vie et le lien social, adapter la ville au changement climatique, retirer des services, promouvoir des filières économiques de proximité.

-Partout dans le monde, des mesures sont mises en place pour :
-renforcer la connaissance des espèces et de leurs habitats ;
-réduire les impacts des activités humaines ;
-mettre en place des aménagements favorables à la biodiversité.

Tout le monde est concerné : élus, urbanistes, architectes, entreprises du bâtiment, producteurs, habitants, touristes, consommateurs,... Il n'existe pas de ville idéale, mais un foisonnement de solutions à tester et à adapter au contexte de chaque lieu.


Quelques exemples présentés, partout dans le monde :

-À Séoul, un cours d'eau retrouve sa fonction de voie verte
-À Portland, les jardinières protègent les piétons
-À Milan, la forêt s'élance vers le ciel
-À Lausanne, des plantages et des Jardins partagés en coeur de ville
-À Berlin, un aéroport transformé en jardin public
-À Détroit, la ville industrielle laisse place à l'agriculture urbaine
-À Lieusaint (Seine et Marne), le parc public est un bassin de rétention d'eau
-Et à DIJON…
-un hôtel à insectes de 60 m² en façade, une 1ère en France (éco-quartier Heudelet)
-une piscine au toit végétalisé (piscine du Carrousel)
-on jardine au naturel !
-le compostage est individuel ou partagé : Cela représente en tout 1200 tonnes de biodéchets (20% des ordures ménagères) détournés par an, soit 50% de plus qu'à Paris !

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