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Un programme déjà engagé sur le territoire
Le contrat 2021-2024 a permis de réaliser 146 actions sur le bassin Cure-Yonne, avec notamment 133 hectares de zones humides et 11 kilomètres de berges restaurés, 28 ouvrages traités et 91 mares restaurées. Ce nouveau contrat s’inscrit dans cette continuité et a pour ambition d’en amplifier les résultats.
Photo en une © Agence Eau Seine Normandie
Le 12 mai dernier, le Parc naturel régional du Morvan et l’agence de l’eau Seine-Normandie ont signé un contrat de territoire pour la période 2026-2030. Doté de 5,9 millions d’euros, il prévoit 99 actions sur les rivières, sur les zones humides du Morvan, pour améliorer la qualité de l'eau et la biodiversité et mieux faire face aux sécheresses et aux inondations.
Trente des cinquante-et-un cours d’eau suivis sur le territoire couvrant 116 communes de l'Yonne, la Côte-d'Or, la Nièvre, et la Saône-et-Loire et appartenant aux vallées de la Cure, du Cousin et de l'Yonne et leurs affluents ne sont pas en bon état écologique. Vingt-trois se sont dégradés depuis 2019. Or, ces secteurs amont, où naissent une grande partie des eaux de l’Yonne, jouent un rôle déterminant pour l’ensemble des territoires situés en aval, à la fois pour la qualité de l’eau et pour la régulation des débits. Pour améliorer leur état, le contrat signé entre le Parc naturel régional du Morvan et l’agence de l’eau Seine-Normandie prévoit plusieurs actions. Des opérations de restauration - pour une enveloppe de 2,2 millions d'euros - afin de rétablir le tracé naturel des cours d'eau qui ont été modifiés par l'homme au fil des années, de restaurer les berges et de replanter des ripisylves. L’objectif est de ralentir l’eau, améliorer sa qualité et redonner de l’espace aux milieux aquatiques.
Rétablir les continuités
D'autres interventions sont prévues sur les ouvrages hydrauliques qui perturbent les écoulements, bloquent les sédiments et limitent la circulation des espèces. En concertation et en accord avec les propriétaires et les riverains, le contrat prévoit leur aménagement ou leur suppression pour rétablir la continuité écologique.
Les étangs, très présents sur le territoire, verront par ailleurs leur gestion adaptée afin de limiter l'impact qu'ils ont sur le fonctionnement naturel des cours d'eau (ils modifient les écoulements et réchauffent l' eau).
Restaurer les zones humides
Les zones humides du Morvan, notamment les prairies humides et les tourbières, jouent un rôle central dans la régulation de l’eau. Pourtant, 86 % des zones humides évaluées sont en état altéré ou défavorable. Le contrat prévoit leur restauration sur plusieurs secteurs, comme à Saint-Prix ou Saulieu ainsi que sur les tourbières du Morvan. L’objectif est de retrouver leur capacité à stocker l’eau et à soutenir les débits en période sèche.
Limiter le ruissemellement
Alors que les épisodes de ruissellement et d’inondation sont de plus en plus fréquents sur le territoire, le programme agit à l’échelle des bassins versants. Sur les versants agricoles majoritairement en cultures, les écoulements sont aujourd’hui trop rapides lors des pluies, ce qui favorise ruissellement, érosion et pollution. Les actions prévues portent sur la plantation de haies, la restauration du bocage et de la ripisylve. Elles visent à ralentir l’eau, favoriser son infiltration et limiter les impacts en aval, notamment sur les crues.
Mieux gérer l'eau
Les épisodes d’étiage récents ont mis en évidence des tensions sur la ressource en eau. Un observatoire de l'hydrologie et des usages sera donc mis en place pour suivre les débits des petits cours d’eau. Le contrat prévoit également des actions de suivi et de sensibilisation, grâce à l'appui d'une équipe technique de 5 personnes pour accompagner les collectivités, suivre les projets et animer le programme. Des actions de communication et des ateliers avec les élus seront organisés tout au long du contrat.
Améliorer la biodiversité
Enfin, le contrat prévoit des actions de restauration des habitats et de suivi des espèces - la truite fario, la moule perlière ou la loutre d’Europe, qui sont des espèces sensibles ainsi que le chabot et la lamproie de Planer, deux espèces protégées au titre de la directive européenne Habitats Natura 2000 - en lien direct avec l’amélioration du fonctionnement des milieux aquatiques.