La « démocratie active » de François Rebsamen

12 décembre 2018

En ce début décembre, François Rebsamen a tenu trois réunions publiques pour aller à la rencontre des Dijonnais à la veille du vote du conseil municipal sur le budget 2019.

Pour le maire de Dijon, ces réunions publiques sont une démonstration de « démocratie active » venant en supplément de la démocratie représentative (du fait des élections municipales) comme d'autres instruments favorisant la participation des citoyens : commissions de quartier, conseil municipal des enfants, observatoire de l'âge ou encore la récente plateforme numérique « jeparticipe.dijon.fr ». Ces réunions se sont tenues les 3, 7 et 10 décembre, respectivement salle Devosge, gymnase François-Chambelland et gymnase des Bourroches. De plus, un « Facebook Live » a eu lieu avec des internautes connectés au réseau social le 12 décembre.

« Ok pour faire des efforts, à condition que ce soit pour la justice sociale ! »

Ce 10 décembre 2018, près de 150 personnes sont venues écouter ou interpeller le maire de Dijon au sein du quartier des Bourroches. Au programme : les grands projets de la Ville, l'écologie, les services publics et la vie quotidienne. François Rebsamen a d'emblée commencé son propos en évoquant les relations des collectivités locales avec l'exécutif : « on a décidé de faire en sorte de jouer le jeu avec le gouvernement ». En effet, une contractualisation de l’État avec les différentes collectivités locales prévoit de limiter la hausse annuelle des dépenses de fonctionnement à 1,2 % pour 2019. Côté réduction des dépenses publiques, « on avait fait beaucoup d'efforts pendant le quinquennat précédent » a reconnu le premier édile. Durant le mandat de Nicolas Sarkozy, l'ensemble des collectivités locales a réduit ses dépenses de 10 milliards d'euros en cinq ans. Du temps de François Hollande, ce fut 11 milliards d'euros. De son côté, Emmanuel Macron espère 13 milliards supplémentaires pour le quinquennat en cours.

La « démocratie active » de François Rebsamen

« Européen, progressiste, raisonnable », François Rebsamen attend de l’État qu'il montre l'exemple en matière d'économie : « ok pour faire des efforts, à condition que ce soit pour la justice sociale ! ». Autrement dit, ne pas supprimer l'ISF et augmenter les retraites. D'un côté, le socialiste calcule que la transformation de l'ISF en IFI va représenter « 22 milliards de redistribution aux personnes les plus aisées » quand, de l'autre, les collectivités doivent trouver 13 milliards de réduction de dépenses. « Ça fait bizarre, 35 ans après la décentralisation, d'apprendre que c'est le préfet qui va vous notifier votre budget. Il a fallu attendre d'avoir Emmanuel Macron pour en arriver là » a-t-il regretté.

Ce ne fut pas la seule critique adressée au président de la République. Une autre a concerné la taxe d'habitation qu'Emmanuel Macron a prévu de supprimer pour 80 % des foyers dans un premier temps puis pour les 20 % restant d'ici 2021. François Rebsamen voit là « un cadeau fiscal de plus pour les plus aisés ». Il a détaillé : « l'effort que l'on va faire pour les 20 % les plus aisés va être l'équivalent de l'effort qui aura été fait pour les 80 % de la population », en l'estimant à 13 milliards d'euros.

La « démocratie active » de François Rebsamen

« Un budget de pouvoir d'achat »

Après les grands nombres, très abstraits, les montants du quotidien. Pour 2019, l'équipe municipale a voulu faire « un budget de pouvoir d'achat ». François Rebsamen a revendiqué le fait de ne pas avoir augmenté les impôts tout en maîtrisant les dépenses de fonctionnement. La baisse du prix de l'eau sur trois années a été mise en avant : 4,15 euro/m3 en 2017 puis 4,07 en 2018 et 3,95 à venir en 2019. Le thème du prix de l'eau est d'ailleurs revenu pendant les questions des citoyens : « si vous votez pour nous en 2021, on fera encore plus baisser [le prix de l'eau] » suivi d'un mystérieux « je vous dirai pourquoi le moment venu ». Autre coût qui parle rapidement aux Dijonnais, celui d'un repas dans le cadre de la restauration scolaire :  12,50 euros. C'est ce qui est à la charge de la collectivité en tenant compte de la nourriture en partie bio, de la cuisine, du transport, des salaires du personnel... Face à cela, les familles les plus aisées paient 6,50 euros par enfant et par repas. Pour les familles très modestes, la Ville facture un euro le repas.

« On a un des meilleurs budgets que l'on ait pu faire depuis longtemps » s'est félicité François Rebsamen. Il en a voulu pour preuve la baisse de l'endettement de la commune. En 2001, l'endettement était de 215 millions d'euros ; en 2018, il est de 150 millions d'euros (soit 950 euros par habitant).

Au chapitre des priorités, l'écologie a été mise en avant : « il est temps de lutter contre le réchauffement climatique que l'on constate tous les jours » et de citer l'intérêt du réseau de chaleur pour cela. Les grands projets évoqués furent bien sûr la Cité de la Gastronomie et du Vin et la ville connectée (« On Dijon ») ainsi que le « Territoire d'Innovation et de Grande Ambition » travaillant sur l'alimentation durable pour 2030. Autre dossier important, l'actuelle rénovation de la piscine du Carrousel pour 20 millions d'euros. Le maire a rappelé l'installation prochaine de deux nouvelles écoles d'ingénieurs : l'école supérieure d'électronique de l'ouest et l'école spéciale des travaux publics.

« Notre seule bataille, c'est Dijon ! »

Le premier édile a dit voir dans les différents classements indiquant des positions favorables à la Ville de Dijon une confirmation de l'effet de la politique menée. Plusieurs instituts ou médias évaluent effectivement les communes « où il fait bon vivre » pour telle ou telle catégorie de la population. Face aux critiques concernant les difficultés de circulation en voiture, il a été répondu que Dijon est la métropole où l'on passe le moins de temps dans les bouchons. En effet, selon l'étude TomTom Traffic Index de 2016, un automobiliste est retenu17 minutes par jour (soit 67 heures par an) dans les embouteillages à Dijon. Un autre indicateur important a été souligné : le taux de chômage à Dijon est de deux points inférieur à la moyenne nationale.

La « démocratie active » de François Rebsamen

François Rebsamen a conclu son propos en paraphrasant Emmanuel Macron, « notre seule bataille, c'est Dijon ! », avant de laisser l'assistance poser ses questions. Parmi les thèmes qui ont surgi, il y eut : la complexité de lecture d'une facture d'eau, le positionnement de parkings relais ou encore d'arrêt minute auprès des commerce de proximité, l'avenir de la caserne du Transvaal, le prix des tickets Divia ou encore des stationnements en surface, la question des maisons individuelles démolies pour construire un immeuble, la tribune du stade de foot, les migrants ni régularisables ni expuslables...

Le maire de Dijon a plus particulièrement développé ses réponses sur deux sujets. Concernant la caserne du Transvaal, il a confirmé qu'elle serait conservée et a ajouté qu'il demandait à ce que les quatorze sapeurs-pompiers d'astreinte soient logés par le Département. Ils sont actuellement logés dans un bâtiment de la Ville sans loyer payé par le SDIS 21. François Rebsamen a dit souhaiter voir la création de parkings relais plus loin que l'agglomération : dans les communes de Genlis, Gevrey-Chambertin, Venarey-Les Laumes et Is-sur-Tille ; cela pour les personnes circulant ensuite en TER vers Dijon. L'objectif serait de diminuer de 30 % les trajets en véhicules particuliers d'ici 2025.

Jean-Christophe Tardivon

 

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