La population de la Côte-d'Or pourrait baisser d'ici 2070, sous l'effet du vieillissement

16 février 2023

Si les tendances démographiques se poursuivaient, la Côte-d’Or pourrait compter 497 000 habitants en 2070, soit une baisse de 7 % par rapport à 2018. Sous l’effet du vieillissement, les décès devraient bientôt l’emporter sur les naissances et l’excédent migratoire ne compenserait que partiellement ce déficit naturel. Avec moins de jeunes, de personnes en âge de travailler et davantage de seniors, la structure par âge de la population s’en trouverait modifiée. Etude Chantal Prenel (Insee)

En 2070, la Côte-d’Or pourrait compter entre 417 000 et 583 000 habitants

En 2070, la Côte-d’Or pourrait compter entre 417 000 et 583 000 habitants, selon les différents scénarios de fécondité, d’espérance de vie et de migrations envisagés pour le département. Dans le cas le plus défavorable (scénario de population basse), elle perdrait 116 000 habitants par rapport à 2018. Dans le cas le plus favorable (scénario de population haute), elle en gagnerait 50 000 (figure 1).

Si les tendances démographiques observées récemment se poursuivaient (scénario central), 497 000 personnes résideraient en Côte-d’Or en 2070, soit 36 000 de moins qu’en 2018 (pour comprendre). Le département conserverait une croissance démographique qui ralentirait jusqu’au début des années 2030, période à laquelle la tendance s’inverserait. Il perdrait alors des habitants, au rythme moyen de 0,2 % par an jusqu’en 2070 (à comparer à une hausse de +0,1 % sur la période 2014-2020). Cette baisse serait moins prononcée que dans les autres départements de la région. Malgré cela, en 2070, la Côte-d’Or pourrait devenir le département le plus peuplé de Bourgogne-Franche-Comté.

 

L’excédent migratoire ne compenserait pas le déficit naturel

Jusqu’alors moteur de la croissance démographique, le solde naturel, se tasserait sous l’effet d’un fléchissement des naissances et surtout d’une hausse constante des décès liés à l’arrivée aux âges de grande mortalité des générations issues du baby-boom (figure 2). Le déficit naturel débuterait dans les années 2020. Il s’intensifierait jusqu’à contribuer à hauteur de -0,3 % à l’évolution de la population à partir des années 2050.

Le solde migratoire serait excédentaire mais sa contribution deviendrait trop faible pour compenser le déficit naturel. Les jeunes âgés de 18 à 25 ans concouraient pour l’essentiel à cet excédent migratoire. Toutefois, les départs des 26-40 ans l’emporteraient sur les arrivées d’autres départements et contribueraient à la faiblesse du solde migratoire.

 

Forte progression du nombre de 75 ans ou plus
En Côte-d’Or, la présence de l’agglomération dijonnaise, pôle universitaire et d’emploi attractif, limite le vieillissement de la population. Toutefois, selon le scénario central, la part des personnes âgées de 65 ans ou plus augmenterait de 6 points entre 2018 et 2040. Cette progression serait moindre que la moyenne de la région ou de la France métropolitaine (figure 3). En 2040, les seniors représenteraient plus du quart de la population côte-d’orienne. Sur cette période, 34 000 seniors supplémentaires résideraient dans le département. Il compterait alors 137 seniors pour 100 jeunes de moins de 20 ans, contre 91 en 2018. Ce rapport ne cesserait de s’amplifier pour atteindre 154 personnes de 65 ans ou plus pour 100 jeunes de moins de 20 ans en 2070.

La population âgée de 75 ans ou plus, davantage concernée par les problèmes de santé et de dépendance, progresserait fortement. Elle représenterait 16 % de la population en 2040 contre 10 % en 2018. Leur nombre s’élèverait à 84 000 en 2040, pour atteindre 89 000 en 2070.

 

Baisse de la population en âge de travailler
Les Côte-d’Oriens âgés de 20 à 64 ans pourraient être 282 000 en 2040, soit 17 000 de moins qu’en 2018. En très grande majorité active, cette population diminuerait ainsi de 0,3 % par an en moyenne sur la période. En 2018, la Côte-d’Or compte 37 seniors pour 100 habitants âgés de 20 à 64 ans. Ce ratio progresserait pour atteindre 52 sur 100 en 2040 et 56 sur 100 en 2070.

 

Accés à l'étude avec graphiques

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