La dernière session du conseil départemental a mis l’accent sur la ressource en eau à travers un plan dédié.
« Protéger l’eau, c’est protéger notre santé, notre biodiversité, notre agriculture, et l’avenir de nos communes », a introduit Sébastien Sordel, vice-président du conseil départemental de la Côte-d’Or et membre de la commission agriculture et développement durable, chargé de présenter le rapport. L’objectif du plan voulu par le Département est d’anticiper plutôt que de subir les choses. Il a donc établi 21 fiches action pour mieux connaitre la ressource et la préserver, mais aussi sécuriser l’alimentation en eau et accompagner les collectivités et l’agriculture.
Pour agir, la collectivité se repose sur 200 points de mesure dans le département. « Le Département analyse jusqu'à 582 paramètreset développe parallèlement le programme « ResSources de Côte-d'Or » pour identifier et suivre des ressources qui pourraient demain contribuer à sécuriser l'alimentation en eau potable. » Pour protéger et économiser la ressource existante, le conseil départemental insiste sur la nécessaire protection des captages, la restauration des cours d’eau et des zones humides sans oublier la lutte contre les fuites, la récupération des eaux pluviales ou encore la désimperméabilisation. Entre 2023 et 2026, le Département a notamment accompagné 34 projets de restauration des milieux aquatiques, 66 mares et consacré près de 772 000 € à la gestion de 13 ENS situés en zones humides. Pour accompagner les territoires et les usages, sur la même période, 38 agriculteurs ont été accompagnés par le département pour créer 1 375 m³ de stockage d'eau de pluie, pour 434 000 € d'aides. Le dispositif évolue désormais vers le stockage des eaux de ruissellement et le curage des puits pour certains usages agricoles.

« Sécuriser l'eau potable de demain est probablement l'élément le plus structurant du rapport. Les projets de la Boucle des Maillys et de Grosbois-en-Montagne sont désormais entrés dans une phase opérationnelle avec la création des deux syndicats au 1eʳ janvier 2026. À eux deux, ils représentent environ 95 millions d'euros d'investissements prévisionnels, avec une participation départementale programmée de plus de 63 millions d'euros correspondant à 80 % d'aide publique », a poursuivi Sébastien Sordel.
Désireux de ne pas vouloir se poser en moralisateur, le Département s’attache aussi à s’inscrire dans une démarche de sobriété, en particulier dans ses collèges où la consommation d’eau est passée de 68 085 m³ en 2021 à 51 014 m³ en 2025, parallèlement au déploiement d'un système de détection des fuites sur 83 points de livraison. « La sécheresse de 2026 le confirme : cette politique répond désormais à une réalité, autant qu’elle prépare l’avenir. » De son côté, François Sauvadet, président du conseil départemental, a insisté sur les mesures à prendre. « Il faut que l’on s’organise, que chacun accepte d’harmoniser le prix de l’eau pour que la solidarité ne joue que si chaque consommateur a fait un effort. » Selon lui, pas d’issue en dehors des interconnexions et surtout d’une indispensable réflexion sur la qualité de l’eau.
Nadège Hubert