Marqué de longue date par son histoire industrielle et notamment automobile, Pays de Montbéliard Agglomération et ses 73 communes doivent s’adapter aux évolutions de la société pour inscrire le territoire dans l’avenir.
Bien que l’agriculture participe de l’identité de certaines communes de Pays de Montbéliard Agglomération, le fond des vallées, les zones urbaines et périurbaines affichent leur histoire industrielle. « Le nord Franche-Comté est l’un des territoires les plus industrialisés de France et l’économie locale repose majoritairement sur ce secteur », précise Jean-Louis Noris, vice-président de PMA en charge du développement économique notamment. Cet ancrage industriel s’est d’abord traduit par une spécialisation dans la métallurgie et le traitement de l’acier avant que des donneurs d’ordre de la filière automobile installent durablement ce secteur sur le territoire et ses environs. Malheureusement, si le passé a été florissant, cette identité freine aujourd’hui le développement local. « Nous avons été touchés de plein fouet par la désindustrialisation qui s’est engagée dans les années 90, laissant des friches souvent trop petites pour être réindustrialisées ou mal placées. » L’élu évoque également le plan de prévention des inondations, des réalités environnementales auxquelles les industriels d’aujourd’hui « ne savent plus faire face ». Difficiles à réhabiliter, ces friches peuvent également être polluées, bloquant leur transformation en zone d’habitat. « Nous disposons toutefois de certaines friches conséquentes, dont une de 50 hectares issue du secteur automobile, qui peut accueillir d’imposants projets. Nous sommes à l’écoute des projets. » Devant cette désindustrialisation engagée depuis plusieurs décennies, PMA constate également un recul de sa population et une augmentation du taux de chômage.

Des atouts aussi
Pour autant, il ne faut pas se contenter de voir le verre à moitié vide car PMA a aussi des atouts dans sa manche du fait de son histoire industrielle. « Nous avons un territoire d’innovation », rappelle Jean-Louis Noris, qui fait par exemple allusion aux essais menés à Bavans ou encore au Pôle du véhicule du futur. Pour s’inscrire pleinement dans cette vision d’avenir, la collectivité a participé à la mise en place de formations pour étoffer les filières industrielles de la mécanique ou de la métallurgie. « Notre territoire est riche d’une main-d'œuvre qualifiée et d’une population qui possède la culture industrielle. » Un écosystème et des moyens humains qui arrivent à convaincre puisque PMA accueille de nouvelles industries et favorise au mieux les installations. Si l’automobile a longtemps dominé les activités du territoire, désormais d’autres sont en ligne de mire comme l’énergie, le nucléaire, l’armement ou encore l’aéronautique.
Le rôle de l’élu
« Le défi pour les élus consiste à faire face à la situation pour maintenir de l’emploi. Il faut toujours être aux aguets pour répondre aux attentes des entreprises. Nous déployons une stratégie d’anticipation et d’accompagnement pour encourager la diversification », insiste Jean-Louis Noris. En collaboration avec l’État et la Région, PMA a créé une société d’économie mixte de l’immobilier d’entreprise. Des bâtiments ont ainsi pu être achetés et mis aux normes afin d’être loués ou vendus afin d’encourager l’installation de nouvelles filières. « Pendant longtemps, les élus n’ont pas eu à s’inquiéter car l’industrie et les entreprises étaient là. Dans un contexte de mondialisation et de passage des véhicules thermiques aux voitures électriques nécessitant moins de besoins, l’élu doit consacrer son énergie et l’argent au développement économique. Un territoire sans retombées économiques se meurt ! »
Nadège Hubert
