La 14áµ? édition du carrefour des collectivités de Besançon, portée notamment par la FRTP de Bourgogne-Franche-Comté, a été l’occasion pour la filière d’alerter sur une situation inquiétante. De leur côté, les élus locaux, renouvelés à 40 % environ, ont été invités à soutenir les projets, les investissements et, par rebond, les entreprises.
« L’instant est grave, très grave ! » Frédéric Bonnefoy, président de la FRTP de Bourgogne-Franche-Comté, n’y est pas allé par quatre chemins pour prévenir les nombreux élus locaux de la situation tendue qui pèse sur les acteurs des travaux publics. Depuis les dernières élections municipales, il regrette de constater que les lancements de projet sont quasi inexistants et les activités à l’arrêt. « Depuis fin juillet, on enregistre 25 % de commandes en moins, moins 26 % d’appels d’offres et jusqu’à 32 % dans les communes. » Pourtant pour Frédéric Bonnefoy, les commandes de demain se contractent et les projets s’arrêtent, impliquant une dégradation profonde des infrastructures, une situation qui s’accélère. La dette grise ne cesse ainsi de croître.
« Nous ne sommes pas hors sol mais conscients des difficultés. Nous sommes pragmatiques, ancrés dans les réalités des territoires et nous savons que les infrastructures souffrent. » La situation entraine une perte de confiance entre les entreprises et leurs élus, locaux et nationaux. Appelant à un électrochoc de l’investissement dans les plus brefs délais, le président de la FRTP a rappelé qu’il s’agissait aussi bien d’un enjeu d’attractivité que de soutien à l’économie locale, sans oublier les freins que les entreprises mettent, par obligation financière, à former les jeunes, à transmettre les savoir-faire.
Des élus concernés
Les finances étaient au cœur des préoccupations alors que le projet de loi de finances 2027 est sur la table. « Il n’y a plus d’argent dans les caisses alors que la fiscalité n’a jamais été si haute. L’État doit fonctionner comme une entreprise : réduire ses frais de fonctionnement mais pas son outil de production. » Pour aider les élus, la FRTP se dit prête à se mettre autour de la table pour imaginer de nouveaux financements des infrastructures. « Tout dépend de votre courage politique et nous serons à vos côtés », a-t-il précisé.
Certains élus, à l’image de Ludovic Fagaut, président de Grand Besançon Métropole et maire de Besançon, a appelé à « investir pleinement sur les territoires, dans les meilleures conditions ». Christine Bouquin, présidente du Département du Doubs, estime que les élus doivent « se projeter et aménager ensemble le territoire ». Elle a aussi évoqué la dette grise, jugeant qu’il restait beaucoup à faire sur le sujet. « Ce que l’on ne fait pas aujourd’hui, nous ne pourrons pas le faire demain. »

Président de l’AMF du Doubs, Jean-Claude Grenier a rappelé pour sa part que la commande publique se devait d’être claire et précise quand les réponses des entreprises devaient quant à elles « être honnête et au juste prix dans le cadre d’une concurrence loyale ». Le vice-président de l’AMF de Haute-Saône a invité à des dépenses « judicieusement faites par les collectivités ». Il n’a pas manqué, comme d’autres avaient pu le faire avant lui, de souligner que le déficit de l’État n’était pas du fait des collectivités.
Enfin, le nouveau , a préféré mettre l’accent sur les besoins de leviers des élus : une nécessaire stabilité, sur un partenariat de confiance et des moyens financiers. « Nous ne devons rien céder sur nos ambitions pour faire de nos territoires des territoires ruraux et d’avenir. »
Le représentant de la région, récemment élu sénateur, Arnaud Marthey, a prévenu les élus : « Il faudra faire des choix, ça demandera du courage. La Région l’aura. »

L’État a aussi du bon
Des discours qui ont fait réagir le préfet du Doubs, Rémi Bastille. « Quand on dit que le budget de l’État est en déficit, c’est avant tout celui de la Nation. Un budget qui porte donc sur toute la France et ne se limite pas à la stricte administration. »
En s’appuyant sur les chiffres et les faits, le préfet a voulu rappeler que les dotations ont été versées majoritairement dans les délais prévus. « Toutes les dotations n’ont pas connu de diminution comme la dotation aux équipements des territoires ruraux qui a augmenté. » Il a également précisé qu’aucun « grand projet d’investissement n’avait été abandonné faute de crédit ».
Nadège Hubert
