Vœux : Chamblanc et Dijon Métropole, deux mondes mais une même inquiétude

12 janvier 2025

D’un côté, François Rebsamen, nouveau ministre de l’aménagement du territoire, président de Dijon Métropole et maire de Dijon pendant plus de 20 ans. De l’autre, Sébastien Thévenin, surveillant à la maison d’arrêt de Dijon, maire de Chamblanc depuis la démission du maire précédent en février 2024, débutant encore son mandat. Le premier s’occupe d’une métropole de plus de 258 000 habitants, le second gère une commune de 432 habitants, pourtant, les deux Côte-d’Oriens ont des préoccupations communes.

Avec quelques hésitations touchantes, Sébastien Thévenin, maire de Chamblanc depuis quelques mois et peu rompu à l’exercice, a organisé sa première cérémonie de vœux en présence d’une cinquantaine d’habitants et des élus du territoire, du président de la communauté de communes au député de la circonscription. « Je suis heureux d’être maire de la commune qui m’a vu grandir et cette fonction montre mon attachement à Chamblanc, un attachement que je dois à mes grands-parents, Paul et Marcelle. » Au cours de son allocution, le maire a salué le travail de ses deux employés communaux, secrétaire et agent d’entretien de leur état. « Être maire consiste à régler des problèmes de voisinage, les incivilités, le dépôt de déchets dans les bois mais aussi le budget, l’école, l’économie. » Le tout avec un budget global d'environ 600 000 euros.

Un discours de proximité dans cette petite commune de moins de 500 habitants où le maire connait ou tutoie la majorité de ses concitoyens qui tranche avec celui de François Rebsamen, président de Dijon Métropole, 258 000 habitants, quelques jours plus tôt, dans un Zénith qui accueillait alors 3 200 personnes. Pourtant, à leur niveau, les deux hommes se retrouvent sur des problématiques communes même si la dimension change.

Sébastien Thévenin aborde les préoccupations de ses administrés comme le relevé de tombes, la réfection de la toiture de l’église, l’électrification de la cloche, pour un budget global de près de 50 000 euros, et alors que la mairie de Chamblanc vient d’acquérir une partie de l’ancien lycée agricole pour 570 000 euros, « l’investissement le plus important de la commune ». François Rebsamen évoquait lui des « investissements locaux cruciaux pour répondre aux besoins des concitoyens et anticiper les enjeux futurs. Ils permettent, par exemple, de financer des projets structurants de la transition écologique. A notre échelle, la modernisation de l’unité de valorisation énergétique des déchets (UVE) en fait partie. Je pense aussi à tous les travaux de voirie qui concernent à la fois les routes et les voies cyclables. » Des projets qui rejoignent la station hydrogène par exemple et qui pèsent chacun plusieurs millions d’euros.

 

 

 

Des préoccupations communes

Bien qu’elles évoluent, pour partie, dans des sphères différentes, la petite commune rurale du sud Côte-d’Or et la métropole partagent deux préoccupations : l’inquiétude pour leur budget à venir et l’attractivité.

Dijon Métropole peut se targuer de la création de 5 160 nouveaux emplois au cours des quatre dernières années. « C’est une véritable source de satisfaction, témoignant de la vitalité économique de notre territoire et de ses entreprises. Cette vitalité doit être préservée. Elle repose largement sur les projets que nous portons, sur les investissements que nous votons, et sur la qualité de vie que nous garantissons dans une métropole à taille humaine, très attractive. » A quelques kilomètres de Seurre, l’attractivité de Chamblanc dépend de celle du bourg voisin. « On travaille ensemble à le développer. »

A côté, les deux élus montrent une inquiétude commune pour la situation gouvernementale. « Nous avons plus que jamais un défi budgétaire. Nous devrons être solide sur nos bases » a précisé Sébastien Thévenin. De son côté, François Rebsamen indiquait dans son discours que « l’instabilité politique nationale et l’absence de loi de finances pèsent sur les décisions à prendre pour élaborer le budget 2025 de la métropole. Bien que les finances de notre métropole soient particulièrement solides, ces incertitudes nationales nous obligent à la prudence. »

Alors que l’Etat cherche à trouver 15 milliards d’euros d’économies, les collectivités savent qu’elles devront participer. « L’effort, on en comprend la nécessité. Mais il doit être à juste hauteur et à due proportion. Notamment pour les collectivités locales qui assurent 70% de l’investissement public alors qu’elles ne représentent que 8 % de la dette nationale. Leur contribution au redressement des finances publiques doit être équitable. Elles ne devraient pas supporter plus de 10 % de l’effort total. »

De Dijon Métropole à Chamblanc, si les budgets ne sont en rien comparables, les interrogations quant au budget et les ambitions de créer un cadre de vie aux habitants se retrouvent.

Nadège Hubert

 

   

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez aussi...

Montbard et l'Auxois-Morvan renforcent leur coopération en matière d'enseignement artistique
Une convention de partenariat a été signée ce lundi 5...
Sénatoriales : Sans surprise, François Rebsamen candidat
Ce n'était plus un secret, François Rebsamen brigue à...
A Prenois, l'équipe Département/Communes roule vers l'avenir
Sur le circuit de Dijon-Prenois, quelques mois après les...
Marcilly-sur-Tille, une friche transformée
En 2006, quand l’usine LINPAC cesse définitivement son...
Gevrey-Chambertin préserve son patrimoine viticole
Le président et le vice-président de l’Association...
Le Département et les nouveaux maires apprennent à se connaitre
François Sauvadet, Président du Département de la...
La commune de Chorey-lès-Beaune en état de catastrophe naturelle reconnu
Un arrêté interministériel du 11 mai 2026 portant...
Du 29 au 31 mai, c'est NOTRE Tour !
Du 29 au 31 mai prochain, les routes du département vibreront au rythme...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *