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Contactez l’adjudant Fabrice Courbez, référent sûreté et cyber en Côte-d’Or
fabrice.courbez@gendarmerie.interieur.gouv.fr
Comme toute structure qui gère de la donnée, les communes, quelle que soit leur taille, sont concernées par la menace cyber. Pour la comprendre, l’anticiper et savoir comment réagir en cas d’attaque, la gendarmerie accompagne et conseille les élus.
Au même titre que les entreprises privées, les communes, qui gèrent au quotidien une quantité importantes de données sensibles liées à ses finances, à l’état civil, aux projets locaux sont une cible de choix pour la cybermalveillance. Une étude de novembre 2024 publiée sur le site cybermalveillance.gouv.fr fait concrètement état de ce danger qui pèse sur les collectivités : 1 sur 10 déclare avoir été victime d’une ou plusieurs cyberattaques au cours des 12 derniers mois. Fishing, rançongiciel… Ces attaques prennent plusieurs formes mais ont le même objectif : entrer dans le système, l’analyser, l’attaquer, le bloquer, et crypter les données. Un message s’affiche alors, incitant la victime à payer pour les récupérer. L’adjuvant Fabrice Courbez, référent sûreté et cyber en Côte-d’Or, ajoute qu’une nouvelle forme d’arnaque prend de l’essor : les faux RIB. « La commune engage un prestataire, mais la personne qui lui envoie le RIB n’est pas celle qu’elle prétend être. La commune envoie donc l’argent sur le mauvais compte, et doit payer une nouvelle fois la somme, à destination cette fois de la bonne personne… ».
Si les communes ont conscience de l’existence de ces dangers, elles sous-estiment globalement leur vulnérabilité. C’est particulièrement le cas pour les petites communes : « Elles sont souvent seulement équipées d’une box et d’un ordinateur, et pensent - comme pour un cambriolage - que ça n’arrive qu’aux autres ».

Comprendre le risque et s’y préparer
Pour inverser la tendance, la gendarmerie va au devant des élus : « La plupart du temps on prend notre bâton de pèlerin et on va demander aux élus où ils en sont, et s’ils sont équipés pour limiter les dégâts en cas de problème » sourit l’adjuvant. La gendarmerie s’investit aussi aux côtés de l’AMF et du CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale) en animant des séances de sensibilisation aux risques cyber. Les élus peuvent aussi faire le premier pas et prendre contact avec la CPTM (Cellule de prévention technique de la malveillance) pour obtenir un pré diagnostic appelé « Diagonal » et une feuille de route : « C’est gratuit, ça ne dure pas plus de 2h, l’élu repart avec des outils, des conseils, des ressources en ligne, des pistes d’amélioration par ordre de priorité… Qu’il peut décider de suivre ou pas, il n’y a aucun obligation d’action ! ».
Faire au mieux selon ses moyens
Si les plus gros obstacles à la lutte contre la cybermalveillance sont la méconnaissance et la sous estimation du risque, l’impact financier est aussi craint par les élus déjà bien contraints dans leur budget. Des solutions et aides sont à envisager : auprès de l’ARNia et ses conseillers numériques par exemple, en se regroupant entre communes ou via une communauté de communes pour créer un poste commun de DSI (directeur des systèmes d’information)… Fabrice Courbez insiste : travailler à une meilleure hygiène informatique, se rapprocher de prestataires pour essayer d’aller un peu plus loin dans la mesure des moyens disponibles, sont autant de précieux premiers pas.
Déborah Vital