FRTP : L'eau en question sur le territoire

FRTP : L'eau en question sur le territoire

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En parallèle de la matinée dédiée à l'eau par les canalisateurs, la jeune génération présentait son savoir-faire à l'occasion de l'épreuve des wordskills qui se déroulaient à Dijon.

 


20 mars 2025

Les canalisateurs et la FRTP de Bourgogne Franche-Comté ont invité élus et entreprises à s’intéresser au sujet des eaux pluviales et des eaux usées au cours d’une matinée ponctuée de conférences et d’une table ronde.

« Elles sont souvent négligées » a introduit Mickaël Roux, délégué régional des canalisateurs en parlant des eaux pluviales et des eaux usées avant de compléter : « elles ont un rôle et il est temps d’investir dans nos infrastructures et nos réseaux. » La FRTP et la branche des canalisateurs ont souhaité, à 48 heures de la journée mondiale de l’eau, mettre l’accent sur ces flux en particulier. Des subventions, des fonds existent pour entamer les démarches qui doivent être accompagnées d’un engagement politique selon le représentant de la profession. « Ensemble, nous pouvons faire de la gestion de l’eau un pilier de la transition écologiques. »

Tantôt soumis au stress hydrique, tantôt victimes d’inondations, le changement climatique ballote les territoires d’un extrême à l’autre sans qu’ils ne sachent toujours comment faire face. L’anticipation et la résilience semblent les mots clés pour leur avenir. « Les réseaux d’eau pluviale et des eaux usées ont été délaissé au profit de l’eau potable afin de réduire le gaspillage. C’est pertinent mais il faut aussi les renouveler » soulignait Pierre Rampa, président national des canalisateurs, dans une vidéo. Les réseaux d’assainissement devraient, selon les professionnels, être remplacés tous les 50 ans quand leur durée de vie actuelle avoisine les 200 ans.

 

Le regard scientifique

La profession a souhaité profiter des éclairages de Benjamin Pohl, climatologue au laboratoire biogéosciences de l’UBE. Après avoir exposé des images de Valencia, inondée en Espagne, et évoqué le contexte mondial de changement de températures, il s’est intéressé à la situation régionale. « Le record de température actuel se situe à 42,4 degrés mais pourrait grimper à 55,3 degrés en 2050. » La question de la ressource en eau s’impose donc face à cette chaleur grandissante. « A partir de 2070, nous connaitrons plus d’évaporation de l’eau que nous n’aurons de précipitations » estime le climatologue.

Le changement climatique provoque des pluies plus fortes en hiver avec des crues centennales qui invitent à s’interroger sur la dimension des canalisations mais aussi sur le stockage de l’eau. « Je n’encourage pas les bassins car on enregistre de 30 à 40 % de perte en évaporation. »

Des solutions en test

Le climatologue s’accorde avec Sixtine Paris de l’Epage Seille et affluents pour dire que les meilleurs bassins restent les nappes phréatiques. « Il faut reconnecter les rivières aux nappes qui ont la capacité de stocker l’eau toute l’année à une température de 12 degrés, sans évaporation » a-t-elle précisé. L’Epage, comme ceux répartis sur les différents territoires, travaille donc à modifier les pratiques pour restaurer le milieu aquatique en reprenant les anciens méandres. En plus de faciliter l’infiltration dans les nappes, la démarche contribue à réduire les inondations dans les communes.

Antoine Hoareau, vice-président de Dijon métropole en charge de l’eau, a quant à lui mis l’accent sur une étude autour des eaux pluviales qui a permis de mieux identifier les zones d’imperméabilisation. Cet état des lieux a fait ressortir l’importance de maintenir la végétation sur les surfaces privées. La collectivité n’a pour autant pas oublié les espaces publics. « Les travaux de la place Bossuet participent d’une meilleure gestion des crues centennales avec l’objectif de recréer des infiltrations. » L’étude a permis à la métropole de visualiser une cinquantaine de sites sur lesquels il sera facile d’intervenir dès 2026. « Nous imposons aussi aux nouvelles constructions d’intégrer la question des eaux pluviales dès le début de l’aménagement. »

Du côté des eaux usées, la Métropole prévoit d’investir 100 millions d’euros entre 2021 et 2030 avec, entre autres, une expérimentation visant à enlever les molécules chimiques et plastiques grâce au charbon actif. En fonction de ses moyens, chacun mène son action.

Nadège Hubert

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