Mercredi 14 mai, la Ville de Dijon a dévoilé deux nouveaux pavés de mémoire rue Buffon et rue de la Chouette parmi les vingt inaugurés. Un hommage rendu aux personnes victimes de la barbarie nazie lors des rafles à Dijon.
"Nous perpétuons, sans relâche, le souvenir de celles et ceux qu’ « une haine étrangère à l’homme » - selon les mots de Primo Levi -
destinait à l’oubli" déclare Nathalie Koenders, maire de Dijon, en dévoilant les deux nouveaux pavés de mémoire rue Buffon et rue de la Chouette. "Les atrocités ineffables perpétrées par le régime nazi (...) sont autant de blessures indélébiles infligées à l’humanité. Ces pavés de mémoire en sont les cicatrices". Désormais vingt pavés de mémoire sont installés dans la ville, venant s'ajouter aux onze dévoilés en mai 2024 par François Rebsamen, en souvenir des victimes de la rafle antisémite du 26 février 1942.
Le projet mémoriel des pavés de mémoire relève d’une initiative de l’artiste allemand Günter Demnig dans les années 1990, avec pour objectif de commémorer les victimes du nazisme par l’installation de pavés nominatifs devant les domiciles des personnes concernées. A Dijon, le projet a été initié par Dimitri Vouzelle, docteur en histoire contemporaine et professeur au lycée international Charles-de-Gaulle, et mené avec ses élèves. "Votre projet pédagogique éclaire bien au-delà des salles de classe. Car en investissant ainsi l’espace public, le remarquable travail de recherche mené par vos élèves cultive la mémoire collective de notre ville." a salué l'élue.

©Emma Benyamine-Ville de Dijon
Rassemblement et coopération
"La pose de ces pavés de mémoire traduit par ailleurs une démarche volontaire de rassemblement et de coopération autour de la question mémorielle". Et ce dans toute l'Europe : plus de 85 000 pavés de mémoire sont installés dans 25 pays européens. "Voilà un symbole fort de notre appartenance à une communauté européenne démocratique, unie par le refus ferme d’abandonner à l’oubli les victimes de l’Holocauste et de transiger face au rejet de la différence." Nathalie Koenders a appuyé ses propos en rappelant la coopération de la Ville de Dijon et de la Région Bourgogne-Franche-Comté avec la ville et l'oblast de Vinnytsia en Ukraine, actuellement victime de la guerre. Mais aussi les réfléxions partagées avec la Rhénanie Palatinat en Allemagne, York en Grande-Bretagne, et Reggio Emilia en Italie dans le cadre du Printemps de l'Europe. "Les collectivités territoriales, par leur formidable capacité à cultiver la fraternité et l’ouverture au monde, jouent un rôle diplomatique fondamental en faveur d’une nécessaire compréhension mutuelle et d’une paix durable."
Accédez à la liste des 20 personnes commémmorées et l'emplacement des pavés

©Emma Benyamine-Ville de Dijon
