Certaines communes de Côte-d’Or ont l’obligation d’établir un plan communal de sauvegarde, PCS, pour parer aux situations exceptionnelles qui pourraient avoir lieu, mais toutes sont encouragées à le faire. Les services de la préfecture appuient les élus dans cette démarche. Un peu comme les assurances, c’est quand on en a besoin que l’on se réjouît d’avoir envisagé le pire…
Une inondation suite à des pluies diluviennes, un accident industriel, une alerte canicule, un moustique tigre qui débarque, une coupure d’eau potable imprévue… Les communes ne sont pas à l’abri de vivre une situation exceptionnelle, inattendue, qui demande une réaction adaptée. Encore faut-il savoir comment réagir. « Souvent le maire connait parfaitement son territoire, les services et ce qu’il faut faire mais s’il est en vacances ou indisponible, il faut être sûr que tout le monde puisse trouver les réponses aux questions que pose la situation » explique Loïc Pessaud, chargé du suivi des plans communaux de sauvegarde au sein du bureau de la sécurité civile de la préfecture de Côte-d’Or.
La meilleure façon pour les élus de faire face à l’imprévu consiste à élaborer un plan communal de sauvegarde dont l’objectif est de protéger les populations en cas de risque majeur, quelle que soit sa nature. Sur les 698 communes de Côte-d’Or, 114 ont l’obligation d’en établir un en raison de leur localisation ou de leur environnement, qu’il soit minier, industriel, nucléaire ou lié à un risque d’inondation.
Les communes dont le territoire est concerné par un plan particulier d'intervention (PPI), un plan de prévention des risques naturels (PPRN) ou un plan de prévention des risques miniers (PPRM) ont l'obligation d'établir un PCS. Si une majorité est en cours d’approbation, certaines n’ont pas encore fait la démarche. « Sur les 584 autres communes, 66 en ont établi un mais tous ne sont pas à jour. » Pourtant, si la population devait être évacuée au gymnase le plus proche, le plan communal de sauvegarde permettrait de savoir sans tarder où trouver les clés du bâtiment mais aussi de retrouver tous les numéros d’urgence à jour pour contacter au plus vite les interlocuteurs indispensables.
Un outil utile
« Même s’il n’est pas obligatoire, il reste conseillé d’en établir un. Il s’agit d’un outil opérationnel destiné à organiser la réponse communale en cas de crise » rappelle Thierry Brulé, chef du bureau de la sécurité civile avant de compléter : « Le préfet a la responsabilité départementale avec le plan ORSEC mais le plan communal de sauvegarde vient compléter sa mise en œuvre à l’échelle locale. Il s’agit d’un binôme avec chacun son secteur. »
Le PCS permet aux élus de recevoir l’alerte de la préfecture afin de prévenir la population, organise le soutien et l’accueil de la population, adapte les mesures de protection à la nature du risque et assure le retour à la normale. « On y trouve un annuaire opérationnel avec tous les numéros pertinents, les astreintes mais aussi les adresses des bâtiments disponibles et leur accès. » Les membres du bureau de la sécurité civile accompagnent les élus dans la rédaction du PCS et se déplacent dans les communes pour guider au mieux les élus. Après une réunion en début d'année dans les environs de Beaune, en juin prochain, les maires du territoire de Montbard pourront d’ailleurs assister à une réunion sur le sujet avant que ceux de l’arrondissement de Dijon ne fassent de même au dernier semestre.
En complément, les intercommunalités peuvent établir un plan intercommunal de sauvegarde, PICS, qui détaille la solidarité entre les communes dans le cas où l’une d’elles serait touchée. Il définit les renforts humains ou techniques éventuels. « Sur les 19 EPCI, 16 ont l’obligation d’avoir un PICS. Plusieurs sont en cours de réalisation. »
Nadège Hubert
