Le syndicat des eaux et de services Auxois-Morvan, le SESAM, et ses partenaires investissent 4,3 millions d’euros dans la construction d’une nouvelle usine de production d’eau potable à Eschamps, sur la commune de Champeau-en-Morvan. Sa mise en service attendue au premier semestre 2026 assurera une eau de qualité dans quatre communes dont Saulieu tout en jouant la solidarité territoriale.
Une station vieillissante compliquant la tâche de Suez à distribuer une eau de qualité ; des résidences secondaires où l’eau ne circule pas régulièrement dans les canalisations ; une eau du Morvan plus acide et agressive qu’ailleurs en Côte-d’Or entrainant un phénomène de corrosion sur les tuyauteries en fonte ; une couleur rouille à la sortie du robinet ; des alertes émises par l’ARS … « La nouvelle usine répond à une problématique sanitaire quant à la qualité de l’eau », a notamment souligné Fabrice Labalme, directeur de l’agence Suez Bourgogne Champagne.

Une ressource solidaire
Pour améliorer la qualité de l’eau dans les communes de Saulieu, Thoisy-la-Berchère, Villargoix et Champeau-en-Morvan, le SESAM engage un investissement de 4,3 millions d’euros, soutenu par l’agence de l’eau Seine-Normandie, le département de la Côte-d’Or et l’État. « Le reste à charge pour le SESAM est de 1,9 million d’euros. C’est beaucoup et ça ne se trouve pas sous le pas d’un cheval dans le Morvan » a insisté Martine Eap-Dupin, présidente du SESAM. Elle a également mis l’accent sur l’importance de la solidarité territoriale. « Les communes de Saulieu ou Champeau-en-Morvan n’auraient pas pu financer ce projet seule. Sans solidarité, le prix de l’eau aurait augmenté. »

Désireuse de garantir une eau de qualité et en quantité partout et pour tous, l’élue, également vice-présidente du conseil départemental et maire de Précy-sous-Thil, a rappelé l’importance d’un réseau interconnecté sur l’ensemble du réseau du SESAM, soit 96 communes. « L’usine de production d’eau potable pourra venir en appui à d’autres communes et collectivités alentour. En haute saison, nous avons besoin de 800 mètres cubes par jour, mais avec l’interconnexion nous pourrons mobiliser jusqu’à 1 600 mètres cubes en cas de besoin s’il se produit une urgence climatique ou un accident aux polluants. » Aux dires de ses partenaires, le SESAM s’est imposé comme un pionnier dans l’organisation de la production et la distribution d’eau sur son territoire. « Il y a un travail semblable à faire sur d’autres territoires » a salué Marc Frot, vice-président du conseil départemental de Côte-d’Or.
Nadège Hubert


