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Plus d'informations sur la stratégie numérique du département :"Mon village connecté"
Les mairies des communes intéressées par le service cloud Côte-d'Or peuvent dès à présent :
• demander leur adresse mail @communes.cotedor.fr,
• migrer leurs documents vers le cloud sécurisé départemental,
• et installer le boîtier Détoxio pour protéger leur réseau
Un accompagnement technique personnalisé est proposé pour simplifier la transition et la reprise des données. Une seule adresse : services.cloud@cotedor.fr
Le conseil départemental de la Côte-d’Or accueillait les 14 et 15 octobre le séminaire de l’intelligence artificielle des Départements de France. L'occasion pour la collectivité de présenter les outils qu'elle développe en vue de construire une souveraineté numérique territoriale.
« C’est un domaine où il y a beaucoup à explorer, mais il nous faut maitriser l’intelligence artificielle pour nous adapter à cette évolution qui nous percute tous », annonce François Sauvadet à ses confrères et consoeurs d'une trentaine de départements de France, adhérents au club Départements DATA. Précurseur et dynamique sur le sujet, le département de la Côte-d’Or a présenté ses premières actions et les outils déjà mis en place au sein de la collectivité. À commencer par son choix de constituer une direction unique du numérique et de l’intelligence artificielle, qui pilote aussi bien les infrastructures que les usages internes (recrutement de data analysts) et externes (médiation, accompagnement des communes, etc.). L’objectif premier est de maitriser les données et les outils, pour les mettre au service de la collectivité, des communes et du territoire.
Le sujet de la donnée numérique étant sensible, le président du département de la Côte-d’Or a rappelé que la collectivité est accompagnée par la CNIL, « le gendarme du numérique », pour respecter les règles de RGPD ou encore de l’IA Act, la régulation européenne de l’intelligence artificielle.
Une vision à 360
« En Côte-d'Or, l’IA c’est de l’intelligence augmentée qui nous permet, à partir de cas d’usage, de construire un écosystème global avec une vision à 360 », résume Stephen Loureiro, adjoint au directeur général adjoint du pôle ressources et accompagnement de la transformation du département. Il rappelle que la maitrise de la donnée est un enjeu économique et décisionnel, « la condition pour garder la main et décider souverainement ». Alors le département se dote d’infrastructures (data center, déploiement de la fibre), collecte les données dans une grande bibliothèque puis les qualifie, les fiabilise, les rend interopérables pour sortir des silos. Avec son laboratoire IA, il coconstruit des prototypes basés sur les besoins des agents pour améliorer leur quotidien. Il s’est penché par exemple sur la production d’un modèle d’IA capable d’automatiser le suivi des échéances de dette, de générer les mouvements comptables et de simuler différents scénarios macroéconomiques (taux, inflation, conjoncture). « L’IA nous libère de la contrainte pour nous ramener au discernement et à la décision. »
Le département a également créé un outil de pilotage des DMTO (droits de mutation à titre onéreux) des départements qui offre une vision complète : rétrospective, infra-annuelle, prospective (il est possible de faire des tests de variation du marché pour en voir les répercussions concrètes), péréquation… « Avec ces données financières, nous avons pu prouver nos dépenses de manière objective au gouvernement, ça a changé la donne dans nos relations », souligne François Sauvadet. « Nous avons démontré l’augmentation du nombre de départements en difficulté financière en 2023 puis en 2024 et sommes en mesure d’assurer qu’il passera à une soixantaine d’ici la fin de l’année. » Des données objectivées précieuses puisqu’elles démontrent l’impact sur l’investissement en France. « Il ne faut pas s’attendre à une amélioration significative de la situation financière jusqu’en 2028. »
Outre la finance, le département se sert de l’IA dans le domaine bâtimentaire, via la création d’un jumeau numérique avec le groupe français Akila, spécialisé dans l’immobilier. Il déploie une vision patrimoniale digitalisée globale, renforce la capacité d’analyse, d’optimisation, de contrôle et d’anticipation. « Nous occupons de nombreux bâtiments dans le département. Nous devons les rendre intelligents pour les piloter en termes de coûts, d’investissements, d’occupation, de bien-être », explique François Sauvadet. Dans l’assemblée, Marie-Agnès Petit, présidente du département de la Haute-Loire, ajoute : « Aujourd’hui, nos collèges regorgent de milliers de mètres carrés non utilisés qui pourraient servir d’outils à une commune, à une communauté de communes, etc. Nous pourrions y créer des pools scolaires, éducatifs ou autres en partenariat et ainsi illustrer le rôle du département en tant que première collectivité de proximité avec les maires ».
Trois outils au service de la cybersécurité des communes
« En pilotant l’outil de l’IA, nous pouvons protéger les données des communes et les accompagner dans le développement d’actions pour contrer les cyberattaques », amorce le président du département. En effet, la Côte-d’Or est le premier département à mettre en place un « cloud souverain », à destination des communes du territoire. Lancé en juillet dernier, le Cloud Côte-d’Or vise à « sécuriser les infrastructures, garantir la confidentialité des données, assurer une copie des documents sensibles dans un coffre-fort sécurisé et faire entrer les communes dans une culture numérique souveraine ». Le dispositif contient trois services : un boîtier de protection contre les cyberattaques (tentatives d’intrusion, fuites de données, contenus malveillants…), une adresse mail conforme hébergée au sein du datacenter départemental, et un coffre-fort numérique de haute sécurité pour sauvegarder les données sensibles à traiter. Cent communes ont déjà choisi d'y adhérer.
Déborah Vital
