La sécurité en Côte-d'Or, chiffres à l'appui

17 février 2026

Narcotrafic, violences intrafamiliales, atteintes aux biens, sécurité routière… Le préfet de Côte-d’Or Paul Mourier a dressé le bilan de la sécurité publique pour l’année 2025. Si le département enregistre quelques succès, il reste des efforts à faire.

Malgré 1 470 cambriolages de logement déclarés en 2025, soit près de 15 % de plus qu’en 2024, et 3 804 vols sans violence contre des personnes en hausse d'environ 10 %, les atteintes aux biens restent globalement stables au regard des dernières années. « Nous allons intensifier la présence sur le terrain car leur présence rassure la population et cela permet de sécuriser le territoire », explique Paul Mourier, préfet de Côte-d’Or. Le représentant de l’État a également mis l’accent sur la prévention avec des dispositifs comme la participation citoyenne, dont le déploiement a continué de progresser. 151 communes en bénéficient en Côte-d’Or à ce jour, après l’engagement de 12 nouvelles communes en 2025 : Baigneux-les-Juifs, Belan-sur-Ource, Darcey, Faverolles-lès-Lucey, Quincy-le-Vicomte, Chazeuil, Courtivron, Crécey-sur-Tille, Diénay, Perrigny-sur-l’Ognon, Pontailler-sur-Saône et Foissy. « Ce sujet est l’affaire de tous, des collectivités mais aussi des habitants. » Paul Mourier a également mis en avant l’importance de la vidéoprotection que des communes s’approprient peu à peu comme Montbard ou Châtillon-sur-Seine.

Des progrès à faire ?

À l’occasion du bilan dressé par le préfet sur la sécurité publique, il a également regretté l’augmentation des violences intrafamiliales avec 1 485 victimes en 2025, « soit quatre faits signalés par jour, des faits graves et sordides qui ne concernent pas seulement des couples mais aussi des enfants. » Ces violences, principalement conjugales, ont augmenté de 9 % depuis 2016. « Nous allons renforcer les dispositifs, mettre l’accent sur la prévention. »

Olivier Caracotch, procureur, et Paul Mourier, préfet ©Nadège Hubert

Du côté de la sécurité routière, le préfet a résumé les statistiques en une phrase : « Les chiffres du département et de la région ne sont pas bons. Nous enregistrons trois morts de plus. » Le nombre de piétons, de trottinettes, de cyclistes impliqués dans les accidents corporels est en augmentation avec 71 victimes en 2025 contre 43 en 2024. En Côte-d’Or, avec une certaine logique, les accidents mortels ont principalement lieu hors agglomération tandis qu’une vitesse excessive ou inadaptée reste la principale cause d’accidents, devant les stupéfiants ou l’alcool.

Le narcotrafic en point de mire

Priorité d’action, la lutte contre le narcotrafic se révèle intimement liée à la route, encore plus depuis que neuf points de deal fixes ont été démantelés. « Nous avons rendu de la tranquillité publique aux habitants des Grésilles », s’est réjoui le préfet. Gendarmes, policiers et douaniers ont également saisi près de 2000 kilos de stupéfiants, représentant 20,2 millions d’euros de marchandises auxquels s’ajoutent près de deux millions d’euros d’avoirs saisis. Face à la pression des forces de l’ordre, les trafiquants rivalisent d’ingéniosité pour continuer leur activité, optant pour la numérisation, l’ubérisation ou la mise en place de drives. « On s’est donné une priorité, les résultats sont là mais le combat continue. »

Désormais, la Côte-d’Or peut s’appuyer sur des escadrons départementaux de contrôle des flux afin d’agir sur les transports de stupéfiants, qu’ils se fassent sur les routes et autoroutes mais aussi en train, en bus ou en bateau puisque la brigade fluviale de Saint-Jean-de-Losne y est rattachée. « Les contrôles routiers peuvent conduire à des perquisitions et dans 75 % des cas, elles se sont révélées positives », stupéfiants, détaille le général de division Christophe Husson, commandant de la région de gendarmerie. « Nous engageons cette lutte acharnée car il s’agit d’une question de santé publique, notamment chez les jeunes, puisque les stupéfiants créent des dommages irréversibles. C’est aussi une question de souveraineté nationale quand des institutions peuvent être gangrenées ou des fonctionnaires sont menacés directement. Enfin, d’autres faits de délinquance en découlent comme la prostitution, les homicides, les vols… » a rappelé le préfet.

Une fois mis en examen, le procureur prend le relais. Ce dernier a souligné qu’en 2025, il y a eu plus d’un condamné par jour pour des motifs liés aux stupéfiants tandis qu’il a insisté sur la volonté d’accélérer les réponses apportées par l’autorité judiciaire.

Nadège Hubert

 

 

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