20 avril 2026
Alors qu’elle termine un tour de ses 84 caisses locales, l’heure est au bilan pour la caisse régionale Champagne-Bourgogne du Crédit Agricole. Après une année 2025 positive, elle poursuit son cap en 2026 : évoluer avec son territoire, et le rendre attractif en répondant à ses besoins.
« Contre toute attente, l’année 2025 a été bonne et pleine d’activité », déclare Emmanuel Vey, directeur général du Crédit Agricole Bourgogne-Champagne. « C’est une bonne nouvelle car nous sommes le reflet de notre territoire. Si nous produisons des crédits, c’est qu’il y a des porteurs de projets en face. » Avec un résultat net de 98,3 millions d’euros, la caisse régionale enregistre une progression de 7,3 %. Un bilan qu’elle doit à son modèle de gestion coopératif et mutualiste, qui lui permet d’être solide. Comme le souligne le directeur général, « un euro gagné, c’est un euro investi », cet argent est presque intégralement réinjecté : à la fois pour financer des projets de territoire et accompagner les transitions nécessaires, à la fois pour financer des transformations propres (investissements technologiques, immobiliers et de formation des équipes) et s’adapter aux défis actuels.
Partir du territoire pour façonner l’économie
Lancés il y a quatre ans dans les 84 caisses locales de la région Champagne-Bourgogne, les pactes territoriaux ont permis l’identification de quatre grands défis locaux : l’accompagnement des jeunes, l’accès aux soins de santé et au bien-vieillir, l’accompagnement des transitions agricoles, et la rénovation de l’habitat. Pour y répondre, la caisse régionale investit dans des projets de terrain, portés par des collectivités, des associations, des entreprises. 120 projets ont été identifiés, 63 sont déjà accompagnés. « En partenariat avec le réseau des maisons familiales et rurales, nous avons permis à 1 500 jeunes de Bourgogne-Franche-Comté, qui étaient en parcours difficile, de partir en séjour Erasmus et de s’ouvrir à l’Europe », illustre Jean-Yves Rémillet, président de la caisse régionale. D’autres dispositifs sont mis en place pour les aider à gagner en autonomie financière, accéder à l’emploi, au logement, s’éduquer à la finance…
Pour répondre aux enjeux de santé, sur un territoire touché par les déserts médicaux, le Crédit Agricole déploie - entre autres - sa filiale Omedys, startup spécialisée dans la télémédication. Un pari réussi : « 21 000 téléconsultations ont déjà eu lieu sur l’ensemble des départements que couvre notre caisse », souligne Emmanuel Vey. Dans cette dynamique, SOS Médecins à Chenôve accueillera bientôt treize médecins supplémentaires en téléconsultation. Pour permettre à la population de bien vieillir, ce sont deux autres filiales (Cettefamille et Petits-fils) qui offrent des services de colocation pour personnes âgées en perte d’autonomie et d’aide à domicile. En Côte-d’Or, une maison Cettefamille est ouverte à Longeault-Pluvaut, et deux agences Petits-fils sont installées à Beaune et Dijon. La caisse régionale s’engage également à rénover le bâti et développer les énergies renouvelables sur le territoire. « Nous sommes la région avec le plus de logements les moins bien notés énergétiquement. Nous avons choisi d'agir pour permettre aux clients les plus modestes de réduire leurs dépenses », souligne Jean-Yves Rémillet. Elle propose par exemple des prêts à taux zéro ou avantageux et organise des rencontres avec des experts dans ses 123 agences afin d’aiguiller ses clients.
L’agriculture au coeur
« Le Crédit Agricole est né car aucun financeur ne voulait s’occuper de l’agriculture. Depuis 140 ans, si nous n’avions pas évolué pour permettre à l’agriculture de s’adapter, nous n’en serions pas là aujourd’hui et l’agriculture non plus. Nous évoluons en symbiose pour répondre aux aspirations du secteur », insiste le président, lui-même agriculteur à Genevrières en Haute-Marne. L’ambition de la caisse régionale est vaste : « Nous finançons toutes les agricultures. » Les jeunes agriculteurs qui souhaitent s’installer - un enjeu majeur lorsqu’on sait que 50 % des agriculteurs du territoire ont plus de 50 ans -, les petites structures en circuit court comme les grosses exploitations qui fournissent à l’échelle nationale. En prenant en compte toutes les crises (climatique, énergétique, alimentaire…), mais en adoptant une réponse au cas par cas. Parmi les pistes investies : la réintroduction de l’élevage dans les zones intermédiaires à faible potentiel, la diversification via l’agri-énergie, ou encore le conseil grâce à une « banque d’affaires de l’agriculture » qui intervient auprès de groupes agricoles. Emmanuel Vey insiste également sur le dynamisme du Village by CA, créé en 2021, qui abrite des startups aux solutions innovantes, y compris dans le domaine agricole. « Nous voulons faire en sorte que Dijon, située au milieu de son agriculture, soit un pôle d’excellence et d’innovation pour amener des solutions ».