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Le musée organise le jeudi 29 mai une foire à l’outil
Au programme : une vente d'outils anciens et neufs, des expositions d'outils anciens et des démonstrations de forgerons, de coutelier sou encore de rémouleurs. L’occasion d’apprendre à rénover les outils et de s’initier au travail du fer.
cordialement
Depuis sa création en 2018, l’association « Mémoire de la lime » ravive le passé industriel et artisanal d’Arnay-le-Duc, commune située en territoire agricole.
Pour faire connaitre et transmettre l’histoire industrielle et artisanale d’Arnay-le-Duc, l’association « Mémoire de la lime » a ouvert en 2019 un établissement original : le Musée de la lime. En retraçant le parcours de l’entreprise locale Poutrat-Michot-Thomeret de 1845 à 1958, il donne à voir comment étaient fabriquées les limes, cet outil en métal couvert de stries dentées utilisé par des horlogers, des bijoutiers, des serruriers et bien d’autres artisans pour polir et tailler différents matériaux. Installée au coeur d’Arnay-le-Duc, la limerie employait au début du 20eme siècle 500 personnes (soit un quart de la population arnétoise de l’époque) pour fabriquer à la main, puis à l’aide de machines plus de 500 exemplaires de limes différentes. Reconnue pour sa qualité, la lime arnétoise s’exportait même en dehors des frontières du territoire. « Ils produisaient 25 tonnes de limes par mois, avaient un catalogue de 4000 modèles différents et des correspondants à l’étranger, en Russie, en Italie, en Espagne… Ils ont aussi gagné plusieurs médailles d’or lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris » explique Raymond Thierry, président de l’association.

Si l’association a pu mettre la main sur la mémoire de la limerie et plus globalement d’Arnay-le-Duc, c’est grâce à Pierre Renaudin, issu d’une lignée de fabricants de limes et l’un des derniers a avoir pratiqué. « Lorsqu’il a pris sa retraite au début des années 2000, il a fouillé l’atelier de son père qui était resté dans son jus en quête de documentation, et écumé les brocantes à la recherche de spécimens de limes » raconte Raymond Thierry. Un volume d’archives conséquent, qui n’a pas encore été révélé en intégralité, et qui regorge par ailleurs d’informations sur d’autres lieux de la ville…

Mémoire de la lime s’intéresse à un passé aujourd’hui révolu, mais elle regarde aussi vers l’avenir et construit son développement : elle travaille notamment à la mise en place d’un secteur pédagogique pour accueillir les scolaires. Elle propose aussi un atelier pour que les visiteurs découvrent par eux-mêmes la différence entre limer du plastique, de l’aluminium, de l’acier et du bois. Elle projette par ailleurs d’acquérir une imprimante 3D : « Après avoir retiré de la matière avec une lime ou une fraiseuse - qui est la lime moderne - pourquoi ne pas en rajouter ? »
Déborah VITAL
