Impossible de ne pas constater la transformation progressive qui s’opère à Chenôve. Avec des actions plus ou moins visibles, Thierry Falconnet suit son ambition pour sa ville afin d’améliorer encore le confort de vie des habitants.
« Quelle que soit la commune, être maire demande de la disponibilité, de l’énergie, de l’optimisme, de l’altruisme et de l’engagement car on ne peut pas faire les choses à moitié, en particulier dans une commune comme Chenôve » estime Thierry Falconnet. Maire depuis 2015 mais engagé dans la vie communale depuis 1995, l’élu rappelle que sa ville est marquée par une grande pauvreté et des inégalités mais qu’elle abrite également une richesse humaine faite de talents et de militants qui s’appliquent à la rythmer grâce à un tissu associatif riche. « Pour être maire, il faut s’identifier à sa ville et aimer les gens. » Et Chenôve, l’édile l’aime et ne s’en cache pas. Affecté chaque fois que l’on dénigre sa commune ou ses habitants, il se pose en fervent défenseur de ce qui s’y opère même s’il ne fait pas toujours des heureux avec ses projets et ses décisions.
Ce qui se voit
« Tout le monde n’était pas convaincu par le projet de parc. Transformer du bitume en espace naturel, relever les défis techniques comme l’étanchéité, gérer l’eau face aux épisodes climatiques, entretenir l’ensemble, c’est un défi. Dans une société de plus en plus exigeante qui vit dans l’immédiateté, le temps des collectivités demande des délais moyens, voire longs. » Pourtant, depuis l’inauguration du parc du Cèdre les 24 et 25 mai dernier, les habitants s’approprient cet espace. (lire notre article)
De la même façon, le centre-ville qui s’est dessiné au fil des ans satisfait les usagers avec ses commerces de proximité et ses logements abordables. « Quand on a pensé le projet, Chenôve ne jouissait pas d’une image attractive mais le travail des équipes a permis de faire venir les promoteurs. » Pour les attirer, Thierry Falconnet et les équipes municipales ont fait preuve d’une énorme force de conviction autour d’une vision d’avenir. « Nous les avons encouragés à faire le pari de Chenôve et certains l’ont relevé. »
Et ce qui ne se voit pas
À côté de ces transformations visibles, le maire souligne le travail de fond réalisé depuis dix ans en matière de tranquillité et de sécurité publiques. Au regard des chiffres, avec une baisse de 20 à 30 % des actes de délinquance, selon les délits, la méthode semble payer. « Cela passe par l’affirmation d’une doctrine équilibrée entre prévention et répression. » Convaincu du rôle de l’éducation, de celle portée tant par l’Éducation nationale que par les parents et l’éducation populaire, il met en avant l’engagement associatif. « Il faut élargir les possibilités de s’éduquer, de se cultiver. C’est un vecteur d’ascension sociale. Moi-même, ce que je suis aujourd’hui, je le dois à mes parents mais aussi aux enseignants qui m’ont donné le goût de l’effort, le plaisir d’apprendre. » La restructuration, l’extension et la requalification de la bibliothèque et médiathèque François Mitterrand, les travaux du groupe scolaire Les Violettes, les aménagements des quartiers politique de la ville s’inscrivent par exemple dans une démarche globale. « Il faut agir sur tous les leviers disponibles : école, sport, association, culture, prévention, sanction… » Thierry Falconnet s’appuie aussi sur la participation citoyenne pour transformer les choses dans sa ville.
Fermement convaincu que pour redonner du sens à l’action publique, il faut associer les habitants, le maire mise sur la concertation et la co-construction. La présence d’un groupe de jeunes de 12 à 23 ans au dernier conseil municipal traduit cette ambition. « Nous leur avons donné la possibilité de faire des propositions pour transformer la plaine Gambetta. Ils connaissent et vivent leur quartier, ils ont une intelligence de leur ville. Ils ont imaginé des jeux pour les enfants, des espaces d’évolution sportive mais ils ont aussi pensé intergénérationnel. »

Et pour demain
Si le Chenôve d’hier ne ressemble déjà plus à celui de 2025, Thierry Falconnet porte d’autres projets pour demain. « Le développement durable est une bonne porte d’entrée. Le projet de troisième ligne de tram s’inscrit dans cette démarche et repensera l’entrée sud de Dijon et l’avenue Roland Carraz. » La requalification de cet axe routier stratégique vise à apporter une meilleure qualité de vie aux habitants en plus d’une meilleure desserte. Les logements existants seront préservés mais connaitront une importante période de chantier qui s’étendra progressivement jusqu’en 2050. « En général, on pense le projet puis les mobilités. Ici, nous partons des mobilités pour penser l’urbanisme. » Nouveaux logements, commerces en rez-de-chaussée, nouvelle architecture et nouvelles techniques de construction y trouveront peu à peu leur place. « Nos décisions d’aujourd’hui façonneront la ville pour 30 ou 50 ans, c’est une responsabilité. Nous devons répondre aux générations actuelles mais sans obérer les besoins des générations futures. » Un parking-relais en entrée de ville devrait contribuer à réduire les flux. Chaque jour, 100 000 véhicules entrent et sortent de la métropole. L’ambition des élus est de retrancher 10 000 véhicules quotidiens à ce nombre.
Pour y parvenir, Thierry Falconnet aimerait rapprocher les gens de leur lieu de travail pour faciliter les usagers. Pour l’édile, il est indispensable de développer l’attractivité résidentielle et le logement intermédiaire dans une commune qui affiche un taux de 44 % de logements à loyer modéré. « La population souhaite rester à Chenôve, donc nous devons proposer des parcours résidentiels. » Le maire met aussi en lumière les atouts de sa ville comme le marché dominical qui draine de 3 000 à 5 000 personnes chaque semaine. « C’est l’un des plus grands et des moins coûteux du territoire. Nous voulons préserver et renforcer ces atouts. »
Pour inscrire encore un peu Chenôve dans l’avenir, le conseil municipal a récemment identifié les sites susceptibles d’accueillir des énergies renouvelables, comme par exemple des photovoltaïques en toiture des bâtiments municipaux. Chenôve est loin d’avoir achevé sa transformation.
Nadège Hubert
Crédit portrait : Jonas Jacquel