Châtillonnais : Cohabiter avec l'eau, en toute saison

17 octobre 2025

Les crues se multiplient en Côte-d’Or et avec elles, les inondations. Dans le Châtillonnais, l’Epage Sequana mène différentes actions visant à concilier la gestion de l’eau et le risque associé avec les activités agricoles, dans l’intérêt des habitants.

Les 107 communes du Pays Châtillonnais font partie de l’Epage Sequana. L’établissement public en charge de l’aménagement et de la gestion de l’eau gère un territoire plus vaste qui comprend 160 communes au total. Plusieurs d’entre elles subissent des épisodes pluviométriques de plus en plus intenses et récurrents tandis que le coût moyen des inondations en Bourgogne-Franche-Comté est estimé à 27 millions d’euros. Au cours de l’été 2024, dans le nord Côte-d’Or, la commune de Saint-Marc-sur-Seine connaissait par exemple une soudaine montée des eaux, coupant le village en deux et touchant une cinquantaine de bâtiments.

Toute la mission de l’Epage Sequana consiste à réduire l’impact des crues en menant des actions concrètes sur l’aménagement. « Nous réalisons des travaux de renaturation des cours d’eau. Cela se traduit par une transformation des lignes droites dans lesquelles nous recréons les méandres de la rivière. » Damien Dondaine, technicien du bassin de l’Ource au sein de l’Epage Sequana, rappelle que dans les années 60, les curages ont enlevé un sable pourtant utile. L’Epage Sequana intervient également dans l’aménagement du bassin versant pour limiter le ruissellement de l’eau en remettant des terrains en herbe. La démarche, proposée aux agriculteurs, évite l’érosion du sol et freine l’eau quand un orage survient. « À l’arrivée, ça évite de la boue dans les habitations. » La plantation de haies contribue quant à elle à réduire la vitesse des eaux.

©Epage Sequana

Des solutions concrètes à étudier

En collaboration avec les agriculteurs, l’Epage Sequana travaille à la restauration de zones d’expansion des crues, des secteurs où l’eau débordait naturellement mais que certains exploitants ont aménagé avec des digues ou du curage. « Le sol est trop haut et l’eau n’y va plus. Cela entraine un effet entonnoir souvent jusqu’au village plus loin. » De plus en plus conscients de leur rôle dans la limitation des inondations, les agriculteurs, par ailleurs alertés par les collectivités, cherchent aussi des solutions.

En parallèle, jusqu’à présent, l’Epage prenait à sa charge l’entretien des bordures de rivières, enlevant les arbres tombés à l’eau qui pouvaient obstruer des évacuations ou bloquer des ponts. « À partir de janvier 2026, nous n’aurons plus les financements pour le faire. Ce sera donc à la charge du propriétaire du terrain situé en bordure de rivière d’agir. » Une responsabilité individuelle portant sur l’intérêt collectif que la DDT suivra sans doute. Le technicien interpelle aussi sur le danger de solliciter un prestataire extérieur qui se rémunérerait avec le bois coupé. « On se retrouve avec des coupes à blanc, sans stabilité des berges. En plus de l’impact sur le paysage et sur la perte de biodiversité, on peut se retrouver avec du bois à l’eau qui peut faire des dégâts. »

©Epage Sequana

Les agriculteurs au cœur de la vague

L’Epage encourage également, en partenariat avec le conservatoire des espaces naturels de Bourgogne-Franche-Comté, à la restauration des zones humides, tant dans l’intérêt de la biodiversité que pour la qualité de l’eau. Là encore, les agriculteurs sont directement concernés puisque les élevages, susceptibles de piétiner les terres, ne peuvent pâturer que ponctuellement dans certaines zones.

Pour chaque action, l’Epage intègre la profession agricole. Un outil facilitant la renaturation de 5 000 hectares participe de la démarche : EADC pour Eau et Agriculture Durable du Châtillonnais. « On retrouve les bonnes pratiques, le bon sens agricole. » Si l’Epage ne peut pas supprimer les inondations, il tente de les limiter en concertation avec les publics concernés.

Nadège Hubert

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez aussi...

Solidarité : A 400 voix de 5 000 euros
Les Caisses d’Epargne s’engagent pour la biodiversité...
La com-com Saulieu Morvan... C'est un Incroyable Territoire !
Partant du principe qu’il n’y a pas de territoires sans potentiel...
Chenôve, des idées à la transformation
Impossible de ne pas constater la transformation progressive qui...
Chenôve : "Deux hectares de nature au coeur de la ville
Un parc implanté pour les habitants, avec les habitants. Ce week-end, la...
Arnay-le-Duc, l’association « Mémoire de la lime » fait revivre un siècle d’histoire artisanale locale
Depuis sa création en 2018, l’association...
La Lampisterie, plus qu’un café, une dynamique locale
Depuis plus d’un an, la Lampisterie accueille les habitants et les...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *