Sexisme ordinaire : Le sexe s'invite au conseil municipal

Sexisme ordinaire : Le sexe s'invite au conseil municipal

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06 décembre 2018

Interroger les rapports homme / femme est l’une des missions que se fixe le Collectif Violence et Genre. Autour de deux conférences, le sexisme ordinaire a ainsi été mis en question, l’occasion de lui donner une résonnance politique.

Qu’est-ce que le sexisme ordinaire ?

« La traduction dans les relations du système de genre qui divise, hiérarchise et naturalise le sexe » explique Joëlle Braeuner, sociologue, docteure en étude de genre, l’une des deux conférencières à avoir pris la parole pendant la journée d’étude organisée par le collectif violence et genre. Vulgarisé, le sexisme ordinaire consiste à attribuer des caractéristiques, des attitudes et des comportements à une personne sur la seule base de son sexe. « On utilise une échelle à double mesure pour évaluer un même comportement selon qu’il est du fait d’un homme ou d’une femme. » Nadine Bahi, psychologue et psychanalyste, complète. « Le sexisme ordinaire se traduit par une féminisation disqualifiante. On attaque l’homme en le traitant de femme, comme une insulte. Un homme qui investit les territoires féminins, professionnels par exemple, voit son orientation sexuelle ou sa masculinité remises en question comme si la féminisation était quelque chose de négatif, dégradant. » Les affirmations inculquées depuis l’enfance contribuent à assoir le sexisme ordinaire et conduisent à rabattre un choix ou la position singulière d’une personne à son genre. « Tu dis ça parce que tu es une femme ! »  De plus en plus médiatisé, il devient difficile de nier le sexisme. Pour autant, les deux expertes du sujet s’accordent à dire qu’il ne s’agit là que d’une phase. « Avec #metoo et autres sujets qui ont fait la une, on a amené la différenciation. En nommant les choses, en les qualifiant, on leur donne une réalité et on amène la réflexion mais il faut ensuite que cela se traduise par des actions. » Pour l’heure, en ville ou en campagne, dans les quartiers populaires ou dans les villages reculés, le sexisme ordinaire se manifeste partout. « Il n’y a pas de territoire plus ou moins sexiste. C’est tellement structurant qu’aucun espace social n’y échappe mais il y a des manières plus subtiles de l’exprimer ou de le camoufler. »

Qu’est-ce que le sexisme ordinaire ?

Pouvoir et égalité / Parité bien ordonnée

Pour parer au sexisme, la parité a vu le jour, notamment dans la sphère politique, des conseils municipaux aux ministres du gouvernement. Joëlle Braeuner n’est pas pleinement en accord avec cette disposition. « On mobilise exactement ce que l’on combat. Alors que l’on voudrait que le sexe ne soit plus un moyen de définir, on choisit de s’en servir. » Pour la sociologue, la parité n’a de sens que si elle est menée jusqu’au bout et qu’elle n’intervient pas sur le seul champ du nombre. « La parité consiste aussi à ce que tous les sujets soient traités de la même façon. Que la petite enfance ou la réfection des routes, ou n’importe quel sujet bénéficient du même traitement au sein des discussions. Qu’ils soient portés par des hommes ou des femmes, ces sujets relèvent d’abord de politique et non de genre. » Pour évaluer l’impact de la parité, Joëlle Braeuner a réalisé une étude au sein d’un conseil départemental. Elle en ressort que les binômes constitués n’affichent qu’une parité de façade. « Les femmes sont généralement les suppléantes, elles ne sont pas informées, n’ont aucune visibilité. Elles se sont investies dans ce service public, maitrisent les dossiers mais ne sont pas consultées et sont particulièrement déçues. » D’autre part, si la parité apparait comme une option pour mettre en lumière les femmes en politique, elle ne garantit en rien d’avoir des personnes plus sensibles à l’égalité de traitement entre les sexes. En politique comme ailleurs, les femmes doivent encore faire le choix entre leur féminité ou se montrer asexuée insiste Nadine Bahi. « Si une femme rejette sa féminité pour n’être qu’un individu, on lui imaginera des problèmes, on lui reprochera de ne pas être une femme. Si elle opte pour une posture sexuée, de femme, on dira qu’elle en joue, se prostitue et sa parole n’aura pas de valeur. » Ailleurs, on remettra en question les compétences d’une femme, qui aurait obtenu une fonction sous couvert de parité. Il est facile de juger qu’elle occupe un poste parce que c’est une femme, et non parce qu’elle possède le savoir-faire. Les hommes au pouvoir, maire d’une commune ou directeur d’une grande entreprise, peinent encore à laisser la relève aux mains d’une femme. « Soyons réaliste, c’est humain de défendre son pouvoir » conclut Joëlle Braeuner. Il ne reste plus qu’à attendre que les femmes, fortes de leur compétence, se fassent leur place au sommet.

 

 

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