Dans un pays où la démocratie se veut participative, voter est un acte qui donne la parole à chaque citoyen.

11 février 2015

A la veille des élections départementales et des futures régionales, la question de l’abstention se pose à nouveau. Existe-t-il une « méthode anti abstention » ? Les élans de solidarité citoyenne du mois de janvier semblent avoir déjà fait feu de paille, alors que se jouent des enjeux cruciaux pour l’avenir des départements et des régions. En 2016 nous ne serons pas appelés aux urnes. En 2017, ce sera l’échéance présidentielle.

 

 

 


Un peu de révision pour comprendre les enjeux de l’abstention

 


En 2002 souvenons nous, ce n’est pas si loin, d’une mobilisation  immédiate quand la libre démocratie s’est trouvée face au danger imminent.
Voter c’est comprendre !


Les candidats qui se présentent au suffrage sont là pour expliquer, démonter le bien fondé de leurs arguments.  Cela demande certes un effort de lecture d’écoute et d’attention…

Voter est un acte civique, c’est aussi un acte engagé et éclairé dont nul ne devrait ignorer le poids dans les décisions qui concernent l’ensemble de nos territoires qu’ils soient urbains ou ruraux.

 


COMPRENDRE ABSTENTIONLors des élections départementales de mars 2015, le nouveau mode de scrutin s’appliquera pour la première fois : Deux conseillers départementaux seront élus dans chaque canton au scrutin binominal à deux tours.

Les candidats devront se présenter en binôme composé d’une femme et d’un homme.

 

Cette disposition vise à poursuivre l’objectif de parité qui avait commencé à être mis en œuvre depuis la loi du 31 janvier 2007, disposant que les suppléants devaient être de sexe opposé à celui du candidat.

 

Par ailleurs, pour conforter la parité, la loi prévoit que le binôme des suppléants des candidats doit lui aussi être composé de deux personnes de sexes différents, afin que chaque candidat et son remplaçant soient du même sexe.


Les binômes de candidats de sexes différents doivent déposer une déclaration conjointe de candidature avant chaque tour de scrutin.

 

Élus pour six ans, les conseillers départementaux seront désormais renouvelés en intégralité.

 

 


Pour être élu au premier tour, un binôme devra recueillir à la fois la majorité absolue (50% des suffrages exprimés plus une voix) et le quart des électeurs inscrits. Si aucun des binômes ne l’emporte au premier tour, un second tour est organisé.

 

Au second tour, sont autorisés à se présenter les binômes ayant obtenu au moins 12,5% des voix des électeurs inscrits (art. L210, al. 8).

 

Cependant, comme cette seconde condition est sévère, notamment en raison de l’abstention souvent élevée, le code électoral autorise le binôme qui a recueilli le plus de suffrages, après le binôme remplissant les conditions, à se maintenir, ou les deux si aucun ne remplit les conditions, comme cela était déjà le cas précédemment avec le scrutin uninominal. Au second tour, la majorité relative (le plus grand nombre de voix) suffit pour être élu.

 

De l’abstention !

 

Dans une période où notre pays s’encanaille de haine raciale, d’échauffements sur sa vocation de terre d’asile, d’appel à l’abstention lors d’élections… il reste à chacun de nous un droit fondamental, un devoir moral qu’est le droit de vote.

En France, l'inscription sur les listes électorales est obligatoire en vertu de l’article L9 du code électoral mais aucune sanction n'est prévue.
En revanche, le droit de vote est moralement un devoir pour les citoyens, comme le rappelle l’inscription figurant sur les cartes électorales « Voter est un droit, c’est aussi un devoir civique »


Lors des dernières élections municipales en 2014, il y a moins d’un an, 61% d’abstentions marquait les 18/24 ans pour une abstention globale de 38,5%.


Lors des élections européennes, en France, l'abstention a été de 56 % alors que le record avait été battu en 2009 avec 59,36 %.
L’abstention consiste à ne pas participer à une élection ou à un référendum. Un choix, une faiblesse, un désintérêt pour l’avenir collectif de ses concitoyens ou une « faignardise » du dimanche ? Un refus de se prononcer peut exprimer un désintérêt pour la vie publique et, à toutes fins, un choix politique.


Elle ne doit pas être confondue avec le vote blanc qui consiste à déposer dans l’urne un bulletin sans nom de candidat ni inscription. Ce vote, qui exprime la volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection, n’est pas comptabilisé lors du dépouillement. Mais, à contrario de l’abstention il laisse le « mérite » de se prononcer en accord ou en désaccord et en toutes connaissances de cause en se déplaçant dans un bureau de vote et en déposant un bulletin dans une urne.


Enfin, le vote nul consiste à déposer un bulletin déchiré ou annoté qui ne sera pas pris en compte lors du dépouillement.

 
Le droit de vote en France devrait-il être obligatoire ?

 
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les Gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis » cf F. Sauvage, De la nature du droit de vote, thèse, Rennes, 1903.

 

 

COMPRENDRE ABSTENTIONOn parle de vote obligatoire dans les pays où ne pas se rendre aux urnes un jour de scrutin est passible de sanctions.


L’abstention est un acte répréhensible dans de nombreux pays comme l’Australie mais aussi en Europe comme en Belgique où le vote est obligatoire depuis 1894. Cette mesure avait pour but de rendre possible le vote de tous et surtout de la classe la plus pauvre sans aucune pression.

 

Un patron ne pouvait pas imposer un jour de travail pendant un scrutin pour empêcher ses ouvriers de se rendre aux urnes.

 

Le Luxembourg où des lois obligeant de voter existent depuis 1924 ont été unifiées en un seul texte en février 2003.

 

Les sanctions en cas d’abstention au Luxembourg sont très dures depuis la loi de 1924 et ont été arrondies par la loi de 2003  de 100 à 250€ pour une première abstention non justifiée et à de 500 à 1000€ en cas de récidive dans les 5 ans suivant la première faute.

 

 

L’abstention est le fléau d'une démocratie représentative fondée sur le suffrage universel direct, un fléau qui ouvre la porte à tous les silences et à tous les extrêmes aux relans nauséabonds.

 


Un projet de loi non adopté a été déposé en 2014 voir ici



Pour lutter contre l’abstention, peut-être faudrait-il simplifier le processus des élections ?

En France, nous votons quasiment tous les ans ! La plupart des pays regroupent leurs élections afin que les citoyens ne se déplacent qu’une fois.
Pourquoi voter le dimanche ? Changer le jour du vote nécessiterait quelques aménagements, bien entendu, puisqu’actuellement, nous votons… dans les écoles. Nos voisins  Anglais vont voter en semaine…

 


La lutte contre l'abstention réclame des méthodes identiques à celles de la lutte pour l'analphabétisme comme déculpabiliser les citoyens, intéresser les futurs électeurs, apporter les réponses aux questions que chacun se pose et non pas celles fabriquées par les équipes autour des candidats et celles des rédactions des médias.



« Mais, formé, le citoyen doit être aussi informé. Il ne servirait à rien d’éduquer l’électeur, de le persuader de la noblesse de la fonction qu’il assume par son vote, si le moment venu il n’est pas capable, faute d’une information impartiale et honnête, de se former une opinion. Les moyens audiovisuels et les journaux doivent développer un environnement favorable. En dernier lieu, il est nécessaire que l’exemple vienne des élus locaux, des parlementaires… Ces réflexions prouvent que le vote obligatoire à lui seul ne suffirait pas à régénérer notre démocratie. Mais l’institution, à notre sens, n’est pas condamnable : elle peut précipiter l’évolution politique « d’électeurs indécis » ou la prise de conscience « d’électeurs isolés » en facilitant leur intégration dans la communauté nationale. Pourquoi donc ne pas tenter l’expérience ? » Cf Revue française de droit constitutionnel /2005/1 (n° 61)

 

                                COMPRENDRE ABSTENTION 

 

 

Marie Quiquemelle

m.quiquemelle@echodescommunes.com

 

 

 

 

Le dossier complet des élections départementales des 22 et 29 mars 2015

 
En mars 2015, auront lieu les élections départementales. Vous vous rendrez aux urnes pour élire 
vos représentants au sein de l'assemblée départementale de la Côte d'Or. 
Quels sont les enjeux de cette élection ?

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