La commune de Sainte-Marie-la-Blanche a transformé une résidence en sept nouveaux logements. Totalement rénovés énergétiquement, ils répondent aussi à des enjeux fonciers, de mixité sociale et de diversification financière pour la collectivité. Le projet a également réussi à réunir un panel de financeurs pour réduire le reste à charge sur les comptes de la collectivité.
« Notre commune s’endette mais ne s’appauvrit pas. Elle s’enrichit d’accueillir sept familles et d’un patrimoine », souligne Michel Quinet, le maire de Sainte-Marie-la-Blanche, en inaugurant sept nouveaux logements T4 et T5 dans son village de 950 habitants. Il a également rappelé l’importance de compter de nouvelles familles sur son territoire, aussi bien dans l’intérêt des écoles que des commerces. « En proposant une offre locative, nous assurons aussi une mixité sociale avec des loyers accessibles. » Chaque année, le maire estime à 1 % la croissance de sa population, impliquant une problématique liée au logement. « En 1995, la commune était propriétaire de deux logements en mauvais état. Aujourd'hui, nous disposons de 20 logements communaux tandis qu’un autre est prévu en 2027. » Michel Quinet complète le paysage en rappelant la présence de 40 logements portés par des bailleurs sociaux, Orvitis et CDC Habitat, tandis que 14 logements séniors de CDC Habitat enrichiront l’offre.

Un élu motivé
En transformant la résidence de Colette et Michel Veaux, très impliqués dans la vie de la commune, notamment en tant que maire, la municipalité répond également aux enjeux imposés par la loi ZAN. « Le bâtiment a été mis en vente par la famille dans l’intérêt de la commune », a remercié l’élu en s’adressant aux proches du couple défunt. Sainte-Marie-la-Blanche a ainsi pu faire l’acquisition du lieu grâce à un investissement de 250 000 euros. « L’agglomération nous a permis de le faire par l’intermédiaire du portage foncier, nous évitons des frais bancaires. » Pierre Bolze, président de la communauté d’agglomération Beaune Côte et Sud, a tenu à mettre en avant « la volonté d’un maire et d’une équipe municipale ». De son côté, François Rebsamen, sénateur, a salué « la vision d’un maire, à long terme, du développement de sa commune en pensant au bien-être de ses habitants. Ça passe par le logement ». En préservant la consommation foncière en réutilisant l’existant, le maire s’est réjoui de préserver le cadre de vie de ses habitants pour ne pas « transformer le rural en maison de ville ».

Du concret pour une transition énergétique réussie
La transformation de la résidence en sept logements à Sainte-Marie-la-Blanche revêt un important volet énergétique avec une profonde rénovation. En plus d’une enveloppe de 80 000 euros pour financer le projet, le SICECO a prodigué de précieux conseils dans le cadre de son programme « Rénovation énergétique performante des bâtiments communaux et communautaires ». Concrètement, les collectivités adhérentes au SICECO ayant transféré et activé la compétence Conseil en énergie partagé profitent d’une analyse énergétique du patrimoine bâti. Grâce à ce regard expert, le projet a été pensé au mieux et se dote d’une isolation des combles par de la ouate de cellulose, une isolation des murs par l’intérieur par laine de verre, de nouvelles menuiseries en bois performantes avec des volets, une VMC hygroréglable ou encore une pompe à chaleur air/eau pour le chauffage.

70 % de subventions
Le SICECO a également apporté son soutien à la commune dans le montage de son dossier afin de solliciter le fonds vert. « La participation de l’État a été primordiale dans cet investissement exceptionnel pour une commune rurale comme la nôtre. » Sur un projet global de 1,8 million d’euros, les travaux représentent en effet 1,4 million d’euros, financés par l’État à hauteur de 563 000 euros par l’intermédiaire du Fonds vert et de la DETR. Venue inaugurer les nouveaux logements, la préfète Violaine Démaret a résumé en quatre raisons les motivations qui ont conduit l’État à s’impliquer dans le projet : « La dimension patrimoniale, la dimension environnementale avec la rénovation du bâti, la mixité sociale et l’accessibilité des logements et enfin l’intégration dans la loi ZAN. »

Le projet a également reçu une aide du Département à hauteur de 180 000 euros, saluée par le maire qui n’a pas manqué de faire remarquer le besoin de la rue concernée en termes de réfection et de sécurisation. « L’agglomération nous a également soutenus avec une enveloppe de 77 000 euros en plus du portage foncier tandis que la Région nous a accordé 56 000 euros dans le cadre du programme Effilogis. Ces soutiens nous donnent envie de faire les efforts pour notre petite collectivité locale malgré le contexte morose. » Sainte-Marie-la-Blanche porte d’autres projets et devrait accueillir à court terme une clinique vétérinaire pour accompagner les besoins des agriculteurs locaux.
Nadège Hubert
